La demande en mariage foirée

On a toujours les qualités de ses défauts et vice-versa. Ma tendre femme n’échappe point à cette maxime.

Organisation, réservation de l’hôtel, de l’avion, épluchage du Guide Vert… le vrai bonheur d’avoir une femme balèze à ses côtés quand on part en voyage comme le week-end dernier, c’est que, grosse moule que je suis, je n’ai plus qu’à mettre les pieds sous la table. Elle sait ce qu’elle veut, tout en sachant rester souple dans le déroulement du week-end, et moi je me laisse porter, c’est si agréable. Enfin, porter… si vraiment elle était balèze comme Myriam Lamarre (mais siii la boxeuse de Koh-Lanta Le Choc des Héros), elle m’aurait porté sur son dos quand on crapahutait dans Venise et mes jambes se porteraient mieux aujourd’hui, mais BREF tout ne peut pas être parfait.

Le défaut de ce côté « nana qui n’en veut », c’est que quand elle n’a pas ce qu’elle veut, elle cherche à tout prix à l’obtenir. Parfois à mes dépens. Et aux siens. C’est là qu’intervient l’anecdote de la demande en mariage la plus foirée de la vie. La fameuse. Let’s go.

Nous sommes en novembre 2003. Depuis quelques temps, elle me tanne pour savoir « quand est-ce qu’on se marie, hein hein dis ? ». D’autant plus qu’elle est à six mois de l’ouverture de son agence immobilière (Immocarré à Lille St Maurice, si jamais vous cherchez de la baraque avec des gens compétents dans le coin). Situation professionnelle stabilisée = situation personnelle à stabiliser dans la tête de ma blonde. Normal.

Mais moi, tel mon frère de cheveux Cortex, j’ai un plan. Même si elle ne le croit toujours pas aujourd’hui, j’ai un plan. Qui nécessite un peu d’organisation. J’attends donc le bon moment pour le déclencher. J’ai prévu une date dans ma p’tite tête, tout va rouler.

Un mercredi soir de novembre 2003, donc, j’entame une discussion bizness avec elle. Dis, Cath, j’ai un peu de sous de côté, j’aimerais bien prendre quelques parts de ta société, parce que j’y crois que t’es la plus forte blablabla.
Réaction mitigée. Bizarre. Je la sens gonflée. On discute dix minutes, un quart d’heure, le ton monte. Sur le moment, je ne fais pas le rapprochement avec ses vélléités d’alliance au doigt, jusqu’à ce qu’elle vienne à me balancer « de toute façon, je vois pas l’intérêt que t’as à mettre des ronds dans ma boite si on n’est pas mariés ».

Grosse tarte dans la gueule. Je me suis foutu dans la merde tout seul. Coincé, tel un couillon. Pourquoi ? Mon fameux plan, j’avais prévu de l’exécuter le lendemain soir. OUI. Le lendemain soir. Je l’ai dans le fion. Après son bourre-pif, si je fais comme prévu, je vais passer pour le gars qu’elle aura poussé au cul. Pas question. Et si j’attends trop, le moment sera passé — j’ai une fenêtre de tir très courte pour réussir mon plan à 100%. Je suis KO, elle ne comprend pas. Je vais me glisser sous la douche, pour réfléchir (c’est mon lieu propice).

Elle finit par venir me voir, je lui explique qu’on a tout gâché mon super plan. D’abord, elle n’y croit pas, à mon histoire de demande en mariage de la mort. Ensuite, elle n’y croit toujours pas. De mon côté, je vais me pieuter, un peu dégoûté de m’être laissé piéger aussi connement.

Elle prend sa douche pendant que je m’endors et dix minutes plus tard, elle arrive dans le lit, se blottit contre moi et vient me chuchoter « et toi, tu veux m’épouser ? ». Ce jour-là, à ce moment-là, j’ai su qu’elle était trop balèze, ma femme. Je vous passe la suite, XXX RATED.

Mon plan, je l’ai toujours en tête. Je lui ai promis de lui refaire la demande prévue pour nos dix ans de mariage, en novembre 2014 donc. « Ca arrive ! », qu’elle me glissait « l’air de rien » ce week-end.

Hahaha j’l’adore. A deux, c’est mieux qu’à un, c’est bien connu.

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