Moi père moi protéger enfant

Pour bien comprendre le contexte de cette histoire, il est nécessaire de dresser le tableau : on avait prévu lors de nos vacances de faire un p’tit voyage en train à vapeur. Tchou tchouuuu. Seulement, voilà : on est à la bourre (même les trains à vapeur partent à une heure donnée), on tourne en rond dans le bled (Anduze – ça c’est pour les archives familiales) à la recherche de la gare, on demande aux gens qui nous envoient à l’opposé – grand classique, on n’a pas de poussette, je porte Kim dans mes grands bras musclés, et au détour d’un chemin pourrave plein de trous, je me pète la gueule comme une merde. Ou plus exactement : je me nique la cheville.

C’est le genre de trucs qui m’arrivent relativement souvent, rapport au basket et aux nombreuses entorses subies par mes chevilles, j’ai l’articulation… laxe. En général, elle se tord, “ouille bobo”, j’me rééquilibre et c’est tout.

Avec Kim dans les bras, c’est une autre affaire : tordage de cheville -> sous le poids de Kim, impossible de se rééquilibrer -> ma cheville se tord donc VRAIMENT -> aïe -> je perds l’équilibre -> j’me ramasse la tronche -> je la protège dans mes bras musclés -> je m’éclate le genou / le mollet par terre -> une fois que je suis mort et qu’elle est quasiment au sol, je la lâche avant de lui retomber dessus -> je suis décédé et elle est à peu près saine et sauve.

Raconté comme ça, ça pourrait faire “moi homme fort moi avoir protégé enfant”, mais dans le feu de l’action, je ne l’ai à aucun moment conscientisé, je l’ai juste FAIT. J’aurais pu la lâcher, qu’elle se ramasse par terre à ma place, me rééquilibrer et me sauver la peau par la même occasion, mais NON, il s’est passé dans mon cerveau reptilien un truc de l’ordre de l’instinct animal : j’ai d’abord protégé la blondinette à bouclettes et j’ai tout pris dans la gueule.

Aurais-je eu la même réaction avec l’enfant d’un autre ? Qu’est-ce qui se déclenche quand on devient père pour avoir des réflexes de la sorte ? C’est un truc qui me fascine. Ma cheville en est encore toute déglinguée.

(je vous passe l’épisode de « après la chute, Kim pleurniche un peu parce qu’elle a eu peur, sa mère envoie tout valdinguer et accourt pour vérifier si elle va bien alors que je suis seul à côté, le genou explosé, le coude en sang, la cheville mortifiée ». Je suppose que c’est le cours normal de la vie – merci à Nadia sur FB d’avoir ravivé ce douloureux souvenir que j’avais occulté. Snif.)

3 réflexions sur « Moi père moi protéger enfant »

  1. IL m’est arrivé à peu près la même chose, avec ma fille dans les bras, sauf que moi j’ai complètement « conscientisé » la scène, comme si ça se passait au ralenti : la monter le plus haut mossible sur mon épaule pour qu’elle ne se retrouve pas sous moi, tendre l’autre main pour essayer de me rattraper au mur, et finir par m’exploser le genou au sol, et foutre une belle trouille à la miss. J’ai mis 5mn avant de pouvoir me relever…

    Merci pour tous ces billets savoureux, au passage !

  2. Ah ben moi, ça m’arrive mais avec tous les nenfants ^^ Ce sera surement pire quand ce seront les miens, je pense…
    Dernier en date, plongeon épique dans la piscine de 1m20 de profondeur, toute habillée, pour récupérer le cousin de deux ans qui a décidé de son propre chef de faire le grand saut ^^’

  3. Nan, c’est pas réservé à son propre rejeton :
    Une patinoire, une initiatrice pliée en deux (moi) et un drôle de 4 ans qui apprend. je plante une pointe dans le glace et forcément, mécanique de la physique oblige je chute vers l’avant. En temps normal soit je m’étale de tout mon long en avant et donc sur le petit, soit je redresse en arrière et donc lâche tout. Que nenni, une astucieuse torsion de bassin et me voila assise l’appentis patineur toujours debout entre mes jambes. CQFD!

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