É-mu-la-tion

Kim, si tu lis ça dans dix piges, tu sauras que tu t’es « décoincée » de la flotte lors de l’été 2012 grâce à une certaine Charlotte. Tu avais une trouille bleue qu’on te laisse seule, avec tes brassards, au milieu de la piscine, t’accrochant frénétiquement à nos pouces. Sympathique boulet. Jusqu’au moment où tu as vu que la petite Charlotte, 2 ans et demi, un « bébé » à tes yeux, s’est mise à l’eau et est allée nager toute seule avec sa bouée au milieu de la piscine.

Tu l’as regardée, longuement, puis tu t’es tournée vers ta mère, à laquelle tu te hissais désespérément jusque-là, puis tu lui as dit « laisse-moi, Maman, je vais y aller toute seule ». Et hop c’était parti.

On avait pourtant lutté, ta mère et moi, à des dizaines de reprises, à tout faire pour te laisser te débrouiller seule. On avait beau t’encourager, être à dix centimètres de toi, te montrer comment faire, c’était à chaque fois la panique. Pour une raison toute simple : tu n’avais pas décidé toute seule que tu étais assez grande pour réussir à flotter et à nager comme une grande. Tu considérais que ta soeur était sans doute trop grande, que tu avais le temps. Jusqu’à Charlotte, sa p’tite bouée et son bob (ridicule, soit dit en passant) (avec le recul, j’me dis que le bob ridicule a peut-être joué dans ta décision).

C’est sans doute la vraie recette du « succès » d’une éducation : l’émulation. Ou du moins quand vos mômes se prennent eux-mêmes au jeu de l’émulation (libre à vous, en tant que parents, de mettre en oeuvre, ou pas, les conditions de cette émulation — pour le coup, on n’avait pas DU TOUT anticipé le coup de Charlotte).

De la même façon, un peu plus tôt cette année, après avoir pas mal gambergé pour lire d’elle-même — on ne l’a jamais poussée ni dans un sens ni dans l’autre, Lyna est rentrée un soir, bien décidée à lire toute seule un bouquin. Pourquoi donc ? Parce qu’une de ses copines avait fait la lecture à l’ensemble de la classe. Rien de mieux qu’une paire de boules pour avancer et désormais, elle lit quasiment toute seule.

De ce constat à propos de l’émulation découle la question épineuse de l’école, ou comment faire en sorte de mettre ses mômes dans l’environnement le plus « sainement compétitif » possible. La question ne se pose pas pour l’instant, puisque l’école primaire – publique – du quartier est l’une des toutes meilleures de Lille mais va falloir faire un choix cornélien d’ici quelques années quand Lyna rentrera au collège, parce que le bahut du coin est bien moins « réputé ».

4 pensées sur “É-mu-la-tion”

  1. Héhé…
    Cette anecdote me parle. J’ai fait du vélo sans roulettes à quatre ans, quelques heures après mon petit frère de deux ans. Un retard intolérable à mes yeux.
    L’avantage d’avoir été dans une famille nombreuse, c’est que, bien que mes parents ne nous aient jamais comparés les uns aux autres, on se met la pression tout seul pour faire au moins aussi bien que les autres… Et personnellement, ça m’a énormément poussée.

  2. Je comprends l’idée, mais peut-être que fréquenter un bahut un peu moins top, ça permet d’avoir envie d’aller vers l’autre, aussi… C’est très différent, mais c’est aussi précieux ^^
    Foi de première de la classe, au collège en ZEP ^^

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