Pourquoi la religion ?

Ce week-end, on s’est retrouvés à l’église, pour une messe de mariage. C’était aussi pour Lyna et Kim leur toute première messe, ou du moins leur première depuis qu’elles sont capables de dire que 2+2 font 4. J’étais assez curieux de leur réaction : et si elles décidaient toutes les deux de rentrer dans les ordres suite à cette séance ? Ça m’ferait une bien belle guibole, tiens.

Leur ras-le-bol au bout de cinq minutes m’a d’une part rassuré quant à leur éventuelle épiphanie, mais aussi ramené à une interrogation : POURQUOI mes parents m’ont collé à l’époque dans tout le parcours caté-communion ? Qu’est-ce qu’ils ont bien pu se dire ? À quel moment ils ont pu se dire que ce truc allait m’épanouir ?  Et puis quelles sont leurs positions respectives sur le sujet ? Parce qu’autant ma mère vient d’une famille plutôt catho, autant mon père avait un père communiste et ouvrier-dans-le-textile, combo généralement peu enclin à croire à quelque supériorité divine.

Comment ça s’est décidé au sein de leur couple ? Je sais que si aujourd’hui Cath décidait d’offrir une éducation religieuse à mes filles, je me battrais de toutes mes forces pour leur éviter ça.

Je les vois le week-end prochain pour un chouette moment vacances, donc on va pouvoir en causer et j’ai hâte – je vous raconterai avec grand plaisir si ça s’y prête.

De mon côté, j’ai eu une éducation religieuse et catho. Pas pratiquante, mais j’allais régulièrement à la messe, sans trop savoir pourquoi, juste parce que ma mère me disait d’y aller. Ça m’a permis néanmoins d’avoir le recul aujourd’hui de dire que ça ne m’a pas apporté grand’chose d’autre que pas mal de culpabilité intériorisée sur des tas de sujets. Une culpabilité que j’ai mis pas mal d’énergie et de temps à combattre puis à vaincre. Autant vous dire qu’avec le recul, je m’en serais bien passé — et c’est d’ailleurs pour ça que je vais faire en sorte d’éviter ce parcours à mes filles, sauf si elles me le réclament spécifiquement.

Le seul avantage que j’y vois, c’est que j’ai effectivement testé la Foi en grandeur nature et que je peux aujourd’hui affirmer que ça ne m’a pas aidé en quoique ce soit — ceci dit, je respecte tous ceux et celles qui « croient », tant qu’ils ne viennent pas m’emmerder avec leurs croyances.

Dernière chose qui m’a frappé : « d’mon temps », les prêtres étaient des vieux boucs de 60-70 balais. Ils étaient chiants comme pluie mais faut dire que ça se voyait sur leur gueule, ces gens-là n’avaient rien de moderne ni de sympathique pour le gamin du 10 ans que j’étais.

Le prêtre en place ce week-end devait avoir 30 ans maximum. J’me suis dit en le voyant qu’il serait peut-être rigolo, sympa et avenant. Qu’il ferait même peut-être des blagues, soyons fous. Et bien non, il a réussi le tour de force d’être aussi monotone et relous que les vieux machins qui faisaient des sermons pénibles dans les années 80.

C’est peut-être dans leur parcours de formation, va savoir.

Sur le sujet je vous conseille l’épisode 11 de la saison 1 de Louie, intitulé God. Il y raconte un flashback — sans doute vrai connaissant le gaillard, où il décide de déclouer la statue de Jésus dans son église alors qu’il est dans une école privée. Fabuleux.

22 réflexions sur « Pourquoi la religion ? »

  1. Ça peut aussi épanouir et aider à se construire la religion, en tout cas c’est le sentiment que j’ai, après avoir demander à mes parents pas pratiquant de m’inscrire aux cours de religion etc petite
    J’ai plus un souvenir de moments conviviaux avec une gentille petite mamie et entre copains, plutôt que de bourrage de crâne avec un prêtre pas sympathique, et au final je crois que ça m’a beaucoup apporté niveau ouverture d’esprit tolérance tout ça, contrairement à ce qu’on pense d’,habitude 😉

  2. « je respecte tous ceux et celles qui « croient », tant qu’ils ne viennent pas m’emmerder avec leurs croyances. »
    Cette phrase me fait penser à ce que mes potes homophobes/racistes/etc peuvent sortir de temps en temps : « Moi j’ai rien contre les gays/les étrangers/tout ce qui est différent, tant qu’ils viennent pas m’emmerder. » C’est qd même moyen…

      1. Oui très bien, tu es contre le prosélytisme, merci d’avoir confirmé ce que je pensais. C’est juste ta façon de dire les choses et cette phrase que je n’en peux plus d’entendre.
        Donc non, je ne confonds pas tout : je connais des gens qui brandissent leurs convictions religieuses avec autant de verve que d’autres brandissent leur orientation sexuelle, avec fierté, sans peur d’être jugé et sans pour autant essayer de te convertir.

  3. J’ai aussi eu une éducation religieuse, dans laquelle je me suis épanouie sur le moment. Les encadrants étaient des gens tops et les curés auxquels j’ai eu à faire étaient très dynamiques et rendaient le truc presque drôle. Je voyais ça comme une récré avec mes potes qui étaient quasiment tous au caté aussi.
    J’ai fait ma première communion de mon plein gré. J’ai fait ma communion solennelle parce que « c’est comme ça » et j’ai fait ma confirmation à 15 ans, pour faire plaisir à mes grands parents, clairement.

    A ce stade là, je m’étais rendue compte que la religion, ce n’est pas pour moi. Je suis bien trop cartésienne et terre à terre pour croire en n’importe quelle force que ce soit. J’assimilais (et c’est toujours le cas) la religion à une secte. J’en ai parlé à ma mère qui est à la base de cette éducation religieuse que l’on fait plus par tradition que par conviction et elle ne m’a pas écouté. La seule réponse que l’on m’a faite est d’attendre que je sois majeure et que d’ici là, je n’avais pas grand chose à dire puisque de toute façon, j’étais bien trop jeune pour savoir ce que je disais.

    J’en ai très longtemps voulu à mes parents et mes grands parents de me forcer à entrer dans un truc qui ne me convenait absolument pas. J’ai entendu tous les dimanches à la messe des discours démagogiques, misogynes et franchement scandaleux.

    Le jour de mes 18 ans, soit trois jours avant Noel, j’ai prévenu ma mère que je n’irai pas à la messe cette année puisque j’étais majeure et que je pouvais décider. Elle l’a très mal vécu.

    Aujourd’hui, on a encore du mal à communiquer sur ça. Je suis totalement dégoûtée du christianisme et j’envisage de me faire débaptiser. Je sais que ça a une portée symbolique forte alors j’attends un peu pour trouver comment bien l’expliquer.
    Tout ça pour dire que lire des histoires de parents comme toi, qui réfléchissent et prennent en compte l’avis de leurs enfants aussi jeunes soient ils, ça me redonne beaucoup d’espoir. Tes filles ont vraiment de la chance.

  4. Je n’ai aucune position religieuse, et mes parents ne m’ont jamais influencé dans un quelconque direction et m’ont encouragé au respect de toutes les croyances. Et je leur en suis très reconnaissante!! Cependant, le manque de culture et de connaissances sur les différentes religions m’a posé quelques soucis. En effet, l’histoire de la France est grandement basée sur la religion, tout comme une partie de l’architecture, de nombreuses œuvres artistiques,… N’avoir aucune connaissance peut être un peu handicapant dans la compréhension de certaines peintures par exemple, ou même juste voir quelles sont les différences entre le religions existantes pour avoir un discours adapté à la croyance de mes interlocuteurs, et poser des questions pertinentes pour en savoir plus sur leurs motivations. Je n’encourage pas du tout à pousser les enfants vers une quelconque position religieuse, mais en prenant du recul je pense qu’un minimum de connaissances sur les différentes religions, les significations des jours fériés, ect, m’aurait beaucoup servi, et peu encourager une certaine ouverture d’esprit. 🙂

  5. J’aime beaucoup cet article ! Avec un père musulman – mais qui a cessé de pratiquer progressivement à partir de son arrivée en France – et une mère agnostique dont le père était catholique et ma grand-mère athée, j’ai eu la chance d’avoir autour de moi tout un panel de croyances et de religions. Le truc génial c’est que j’ai toujours pu en parler librement et poser toutes les questions que je voulais.
    J’suis devenue passionnée de mythologie, et j’ai aussi eu la chance d’aller dans des écoles, collège et lycée super hétéroclites niveau population, où j’ai pu rencontrer des gens avec pleins de croyances différentes et leur poser pleins de questions ! En fait les gens sont supers contents de parler de leur foi, quand c’est dans le respect et le partage. J’aime vraiment discuter avec mes amis de croyances, mais c’est sans doute parce que j’ai la chance d’avoir des amis ouverts et équilibrés…
    Enfin bref, comme l’a dit WinterSweet, la France a une histoire mêlée au christianisme et j’ai vraiment eu de la chance de tomber sur une mère et des profs d’histoire formidables, qui ont toujours parlé de religions et d’Histoire avec un très grand respect, pour qu’on connaisse les bases de notre société. C’est important je crois, que tous les enfants, sans qu’on leur vante les mérites du christianisme, sachent à quel point cette religion a été importante dans la construction de notre pays… Pour le meilleur et pour le pire…
    Le plus chouette, c’est de pouvoir parler des religions en liberté ! Mais je ne doute pas, quand on lit ce blog, que toutes les questions que Lyna et Kim pourront poser à ce sujet obtiendront des réponses plutôt éclairées 🙂

  6. J’ai été baptisée, je crois que mes parents l’ont fait surtout pour faire plaisir aux grands-parents. En revanche, mon frère et moi n’avons pas fait notre communion. Ca avait fait grand bruit dans la famille. Mes grands-parents essayaient de m’influencer à chaque fois que j’allais chez eux. Tous mes copains du collège l’ont fait pour avoir des cadeaux.
    Aujourd’hui, je ne suis pas croyante et le père de mes enfants non plus. Nous n’avons rien contre la religion, chacun fait ce qu’il veut mais nous ne voulons donc rien imposer à nos enfants. Ils ne sont pas baptisés. Ils feront leur choix en temps voulu. Je pense qu’il faut une certaine maturité pour ça.
    Nous essayons au maximum de leur faire comprendre qu’ils ne sont pas obligés d’avoir le même avis que nous (et ça vaut pour tout, même si certains choix musicaux me font mal mais bon, à une époque, j’écoutais bien David et Jonathan alors je peux pas dire grand’chose).
    Au sujet de ce qui se passe après la mort par exemple, j’ai expliqué à mon fils que je pensais qu’il n’y avait rien, mais que certaines personnes pensent qu’il y a une autre vie ailleurs, d’autres qu’on se réincarne en autre chose…
    Je compte quand même acheter un bouquin sur l’histoire des religions parce que pour moi, ça fait partie de la culture générale. Il faut connaître pour pouvoir juger.
    Ah et sinon, un curé marrant ça existe, si si c’est rare mais ça s’peut, j’ai déjà vu!

  7. Bonsoir bonsoir,

    Pour apporter mon témoignage sur le sujet : je n’ai malheureusement pas eu d’éducation religieuse, mes parents étant athées (je ne suis pas baptisés du coup) et n’ayant pas de bons souvenirs du catéchisme (ma maman ne supporte pas l’odeur de l’encens et peut tourner de l’œil si elle rentre dans une église…). Mais sincèrement, je le regrette…

    Je regrette de ne pas avoir eu une éducation religieuse dans le sens où je me suis sentie bête plusieurs fois à l’école quand les profs prenaient pour acquis qu’on sache des concepts de la Bible, choses que je ne connaissais absolument pas. Les programmes ont sûrement changé aujourd’hui, mais même si l’école est sensée être laïque, on prend pour acquis l’éducation chrétienne qui reste assez présente dans la culture. Et je me sens toujours bête à me retrouver dans les messes pour les mariages ou les baptêmes (j’ai aussi testé (contre mon gré…) la messe protestante en Angleterre, all in English in the text). Je pense que ça ne mange pas de pain d’expliquer aux enfants le pourquoi du comment que les gens ont telle ou telle pratique religieuse, et surtout le respect de la religion et des croyances de chacun.

    Aujourd’hui je ne suis pas convertie, loin de là, mais je me considère plus comme une agnostique. Et je pense qu’il est intéressant d’aborder le sujet avec les enfants, en leur donnant le choix, mais aussi en leur présentant plusieurs religions aussi (notamment les notions de bouddhisme).

    Et sinon les prêtres marrants ça existe ^^ l’humour anglais aide peut-être aussi… mais j’en ai croisé un il y a moins d’un mois en Alsace pour un mariage =)

    Voila pour mon témoignage personnel ^^

  8. Comme Wintersweet et Maud, je n’ai pas eu d’éducation religieuse et je regrette un (tout petit) peu d’avoir manqué ça. C’est vrai que l’école prend la religion pour acquis, en seconde on étudiait les croisades sans vraiment faire de préambule sur la religion en général, c’était incompréhensible.
    Et une fois arrivée en licence, on nous apprend que la bible est la base de la littérature et de la culture anglo-saxonne en général… S’en suivent 3 ans de galère pour comprendre la différence entre catholique, protestant et puritain et des notes misérables en littérature.

  9. Petite, j’ai voulu aller au cathé parce que toutes mes copines y allait. J’ai toujours été curieuse et je ne regrette pas cette expérience parce que ça m’a apporté beaucoup de choses niveau culture. Quand on fait des études littéraires, avoir quelques repères bibliques aide à déchiffrer certains textes et tableaux. J’essaie d’ailleurs de me motiver pour lire la Bible (ou une version sympa en BD) et quelques ouvrages ùythologiques parce que je trouve ça plutôt intéressant. Bien plus que le côté « Culpabilisons d’avoir crucifié Jésus et interdisons-nous tout plaisir de peur de brûler en enfer. » 🙂

  10. J’ai été élevé dans le judaïsme, j’ai fréquenté une école juive. Je ne suis pas croyante, et pourtant je ne l’ai jamais ressenti comme un poids. Sans doute parce que c’était la norme dans mon entourage, être juif c’est aussi une histoire de solidarité dans une communauté très liée. C’est sûr que ça laisse des traces: la vue d’une côte de porc me donne des haut le cœur, je ne travaille pas pour Sabbat, je fête plus Hanouka que Noël, mon fils a une étoile de David autour du cou (au cas où 😉 ).

    Mon compagnon est athée/agnostique, mais il a étudié le Talmud et l’hébreu pendant 5 ans, il se sent proche de la pensée juive.J’ai du me battre avec lui pendant toute ma grossesse pour que mon fils ne soit pas circoncis. Lui expliquer que ce n’était pas à nous de porter atteinte à l’intégrité physique d’un individu au nom de la religion.

    Mon fils n’ira pas dans une école juive. Il mange kascher, on lui raconte l’ancien Testament, on l’ouvre autant à la culture israélite que française mais ça s’arrête là. On va bien assez lui transmettre de chose sans en être conscient.

  11. Yep, j’ai eu l’éducation catho 🙂
    Y’a du bon et du mauvais dans tout hein, mais moi je crois surtout que ça dépend sur qui on tombe, sur le discours tenu et la façon de transmettre.
    Perso, j’ai eu un cathéchisme agréable et jeune, et j’ai fait des pélerinages dont la destination était bien centrée sur un Saint (Saint Jacques à Compostelle, Sainte Térèse à Lisieux,…) mais dont les thèmes de discussions étaient bien plus ouverts, enclin à prendre conscience des différences entre les gens et à les accepter comme une richesse, à avoir l’esprit ouvert et critique (en bien ou en mal hein, dans le sens large) et apprendre à être là pour d’autres, etc…
    On peut donc voir ça plus comme de la « morale » ou de « l’éducation générale »,j’sais pas.

    Donc je n’en suis pas morte, mais la messe… ouiiiiiiiiiilllle nenni hein, c’est pour dégouter les gens!
    Et quand je vois les JMJ ou des rassemblements de masse pour le Pape, j’ai du mal (surtout quand ledit pape raconte un tas de conneries et qu’on voit la fortune amassée par cette église catholique dont les représentants ont soit-disant fait voeu de pauvreté -hum, euh, ouais c’est ça- et de chasteté -bonjour le rétrograde, comment accompagner des gens dans leur vie sans savoir ce que c’est réellement comme, par exemple, pour les problèmes de couples?-)

    Bref… au final, je ne me considère pas comme catholique, vu que je ne me tape plus ni messe ni prière ni quoi que ce soit, mais je pense que ces expériences m’ont apporté quelque chose quand même…
    Maintenant, je crois juste en « quelque chose », que d’aucun appelle Dieu, d’autre Allah, Ange Gardien, Destin ou tout autre. Simplement pour moi, il y a des évènements qui jalonnent notre vie et auxquels on ne peut échapper, et on termine notre voyage sur terre le jour où c’est notre heure.

  12. Je commente un peu tard mais j’ai quand même envie de le faire parce que j’ai une expérience un peu différente de la tienne, comme d’autres dans les commentaires. J’ai aussi eu une éducation religieuse, d’ailleurs un peu bizarre. Mes parents n’étaient pas pratiquants mais ont décidé de m’envoyer dans une école primaire catholique pour me « laisser le choix ». C’est un peu étrange quand même parce que quand le catéchisme est inscrit dans l’emploi du temps, au même titre que les maths et le français, la notion de « choix » laisse perplexe … Il y avait effectivement pas mal de culpabilisation dans l’apprentissage de la religion. Je me souviens par exemple que je croyais que si je continuais à embêter ma sœur ou à mentir j’allais finir en enfer, ce qui me faisait très peur. J’avais aussi très peur de la confession, qu’on devait faire une fois par trimestre.

    Ensuite, je suis retournée dans le public à partir de la 6ème, et là c’est moi qui ai voulu continuer en allant à « l’aumônerie », qui ai choisi de faire ma confirmation etc, je pense justement à cause de cette culpabilisation : si j’arrêtais, c’était « mal ». J’allais assez souvent à la messe avec mon groupe à l’aumônerie, sans mes parents. J’ai fait des « retraites » dans des coins paumés, des marches le dimanche où on s’arrête pour lire des bouts de la Bible etc… Mais ma foi a beaucoup évolué. Déjà ma meilleure copine était musulmane, donc ça m’a fait beaucoup réfléchir sur la religion.

    En fait, je crois qu’à partir de la seconde je ne croyais plus en Dieu, mais j’ai quand même continué et ça m’a apporté beaucoup de choses. Pour moi l’aumônerie c’était le seul endroit où je pouvais discuter avec des gens de mon âge, mais aussi des adultes de sujets de société, de manière beaucoup plus intéressante qu’en « éducation civique ». Les gens qui nous encadraient étaient très cools, ils ne nous faisaient jamais la morale. Ils nous poussaient à réfléchir sur la compassion, la tolérance, le pardon, le don de soi… à partir de textes religieux, mais pour moi ce sont des bases de réflexion comme d’autres. On regardait des films récents (je me souviens de requiem for a dream par ex.) et ensuite on essayait de « philosopher » un peu dessus… Ils savaient que de toute façon s’ils étaient trop coincés sur des traditions chrétiennes éculées, on ne reviendrait pas.

    Bref, tout ça pour dire que je ne regrette absolument pas mon éducation religieuse qui m’a en plus, comme d’autres l’ont dit, apporté des clés pour comprendre une partie de l’histoire (de France et de l’humanité en général). Je ne crois plus et ne pratique plus mais je suis toujours attachée aux valeurs de tolérance et de compassion qui me viennent de cette époque (mais certaines éducations religieuses sont vraiment à l’opposé de ces valeurs, j’en conviens, il n’y a qu’à voir les petits intégristes en culotte courte qui sont déjà racistes, homophobes…). Enfin bref, pas que du mauvais dans la religion !

  13. Je n’ai pas eu d’éducation religieuse ; quand j’ai eu l’age de m’interroger sur ce qu’était la religion, mes parents me l’ont expliqué de façon simple et objective (sans donner leur point de vue là-dessus) et je n’ai pas éprouvé le besoin d’en avoir une. Par contre à une époque ma soeur est passée dans une école privée qui proposait (sans imposer, ce que j’ai trouvé appréciable) des cours de catéchisme, et pendant un temps elle a décidé d’y assister. Mes parents s’étaient séparés entre-temps, mais ma mère qui avait notre garde a accepté son choix… Je ne sais pas si mon père en aurait fait autant ; il a horreur des religions et n’est pas toujours tolérant quand les gens autour de lui font des choix différents des siens.
    Suppose qu’un jour (par curiosité, conviction, mimétisme parce qu’un(e) ami(e) en fait autant, que sais-je) Lyna ou Kim te demande de l’inscrire au catéchisme par exemple… Que dirais-tu ?

  14. il est aussi un peu tard, mais je voulais partager mon vécu… J’ai moi aussi été baptisée et fait ma communion. Au moment de préparer mon mariage, je ne voulais pas forcément me marier à l’église car j’ai l’impression que bcp de couples le font par habitude, « tradition », bref, pas pour la croyance. Comme je ne suis pas pratiquante, donc, je ne voyais pas forcément d’intérêt à le faire…
    Mon mari y tenait, parce que sa grand mère y aurait attaché de l’importance (elle est morte il y a des années, je l’ai même pas connue… donc ridicule!). Mais il se trouve que le prêtre de ma paroisse, qui avait marié ma soeur et est devenu assez proche de ma famille suite à divers événements, est très ouvert, moderne, cool, bref, si l’on devait se marier à l’église, ce serait lui qui nous marierait.
    J’ai donc voulu d’abord discuter avec lui de mes doutes, parce qu’au final j’avais eu une éducation religieuse chrétienne, mais n’ayant pas bcp de connaissances sur les autres religions, à part ce que j’avais appris à l’école, au final je me demandais même si mes convictions n’iraient pas plutôt vers le judaïsme, le bouddhisme etc !!
    On a eu des conversations très libres, il était très ouvert et au final m’a rassurée sur mes doutes, me disant que je pouvais ne pas croire à toutes les histoires de la bible, (car en plus au fil des siècles ça a été certainement modifié et tous les textes sont toujours très imagés) mais que si je croyais, même un peu, à certaines choses, c’était ça l’important.
    On a donc fait la préparation au mariage (des réunions avec d’autres couples) et moi j’avais dans l’idée de m’enrichir de tout ça et de raviver des vieux souvenirs de catéchisme – parce qu’en fait quand on y va on connait plein de trucs, mais 15 ans après…on se souvient plus de grand chose…
    Nous nous sommes donc mariés à l’église. J’ai aujourd’hui 2 enfants, que nous avons baptisés, toujours par le même prêtre même s’il ne fait plus partie de notre paroisse, on fait le déplacement pour que ce soit LUI !
    J’essaie d’expliquer les choses à ma fille de 4 ans quand on va à l’église pour un mariage, un baptême.
    Je ne suis tjs pas pratiquante, mais je sais que dans les épreuves, je fais une petite prière, je brule un cierge à chaque nouvelle église que je visite.
    Il y a aussi beaucoup de culturel dans tout ça finalement, et je suis chrétienne parce que ma famille est française (je veux dire en cela que je n’ai pas d’origine ni de parents venant d’autres cultures). Et je pense que les valeurs inculquées par ma famille sont finalement ancrées dans ce que je suis.
    Pour mes enfants, je ne sais pas s’ils iront au catéchisme, mais je trouve comme beaucoup d’autres que cela amène une ouverture d’esprit et des connaissances utiles pour plus tard.
    Je leur demanderai peut être alors s’ils veulent y aller, et quand ils seront en âge de comprendre, ils pourront alors s’ouvrir aux autres religions et pourquoi pas y trouver leur place!

  15. J’ai 21 ans aujourd’hui et j’ai eu le parcours catho « type » baptême, communion, cours cathé en primaire et au collège (on était noté à faire des dessins YOU-PI) et confirmation. J’ai été servant de messe jusqu’à mes 16 ans et j’ai toujours détesté ça. Cette impression d’être un poteau qui ne servait à rien était juste horrible. J’étais très mal dans ma peau, le fait d’être devant des personne à sourire pendant toute une messe était insupportable…
    Petite ma mère me ramener à l’église, je comprenais pas vraiment pourquoi il fallait croire à un être supérieur d’autant plus que la moitié de la messe était en latin. Je me rappelle avoir demandé à ma mère si elle comprenait ce qu’elle chantait, elle m’avait avoué que non.

    Elle était fière de chaque pas que je faisais dans la religion alors que clairement je m’en foutais. En fait, on me faisait surtout du chantage pendant mon adolescence, « t’as le droit de sortir SEULEMENT si tu viens à la messe ce dimanche » (franchement comment me faire haïr encore plus la religion ?). J’ai accepté de faire ma confirmation pour la grande fête qu’il y avait à la fin avec toute ma famille (et pour les sous qui l’accompagnaient). Quand je repense à cette époque, ça me fait un peu rire, j’étais dans la période « emo – hardrock », je me faisais des gros smoky eye et portais des colliers/ bracelets à pics, un bracelet menottes, des Tshirts « Korn, system of a down » et j’en passe. Imaginez la tête des autres personnes et de la personne qui nous donnait les « cours de préparation à la confirmation ».

    Puis j’ai annoncé à mes parents que je ne croyais ni en Jesus, ni en Dieu, ni à une quelconque force supérieure. Ma mère a pleuré, mais avec mon père ils ont accepté. On est pas une famille pro catho, ils vont pas tous les dimanche à la messe… C’est juste que c’est ancré dans leur culture et qu’ils ont voulu la perpétuer avec mon frère et moi. Avec du recule je ne leur en veux pas, ils m’ont toujours poussé à faire ce que j’aime, m’ont dit qu’ils sont fières de moi, c’est juste que « c’était bien pour moi de croire en quelque chose » selon eux. Sauf que j’ai très vite rejeté toute cette croyance. Au final, j’ai eu une enfance heureuse et maintenant plus rien ne m’est imposé.

    (Désolé pour les fautes d’orthographe, j’ai un petit peu la flemme de relire, je voulais juste partager mon ressenti face à la religion 🙂 )

  16. Je viens aussi apporter ma petite pierre à l’édifice.
    J’ai eu une éducation protestante, où je suis allée au catéchisme, j’ai fait ma confirmation (seul sacrement entre le baptême et le mariage chez les protestants), et j’ai même été au groupe REVE (réfléchir et vivre ensemble) jusqu’à mes 17 ans. Et effectivement, je me suis éclatée.

    Dire que je crois dans la Bible en tant que tel est faux, il y a des aberrations dans ces écritures comme dans toutes les autres. Mais comme le disait un commentaire précédent, ça m’a servi de base de réflexion sur des tas de problèmes de société, de philosophie etc.

    Puis faut dire que les protestants, c’est plutôt cool. J’ai deux pasteurs, de 32 et 45 ans, qui ont des enfants, qui jouent de la guitare pour rythmer les chants pendant le culte, qui n’ont jamais obligé leurs enfants à aller au culte, tout comme les miens ne l’ont jamais fait non plus. Vers mes 16 ans, avec le groupe de jeune, on montait de toute pièce 3 cultes dans l’année, et j’étais chargée de mener l’un d’entre eux. On avait fait ça comme une pièce de théâtre, et j’étais habillée en mini robe rouge, décolleté, parce que je représentais la passion. On choisissait ce qu’on chantait, ce qu’on disait etc… Devant tous les fidèles (moyenne d’âge 65 ans, sans mentir), qui étaient plutôt contents.

    En outre, on est pour la contraception, pour l’avortement, plutôt gay friendly etc… Bref, même si je ne suis pas toujours d’accord avec tout, on me laisse libre de croire ce que je veux, de penser ce que j’ai envie. Et je fais partie d’une communauté hyper soudée, qui nous ont beaucoup aidé avec mes parents.

    Par rapport à la religion, ma mère, catholique a été en dépression pendant 5 ans, lors de mon adolescence, au moment où elle avait perdu la foi. Parce que sa vie, elle n’était complète et sereine qu’avec sa foi. Qu’elle ne m’a jamais obligé à suivre.

    La foi et la religion, c’est aussi une histoire de communauté, et de valeurs communes, sans émettre de jugement.

  17. Bonsoir !
    J’aime beaucoup tes articles mais j’avais envie de réagir sur celui-ci en particulier. J’ai une éducation catholique parce que ma mère m’a inscrite à l’aumônerie, comme on dit (le cathé pour les ados) quand j’étais en 4ème, donc a priori déjà assez grande pour ne pas subir « bêtement » de lavage de crâne — du moins il me semble. Aujourd’hui (à 18 ans, donc), je suis encore à fond dedans, mais peut-être parce que j’ai eu la chance de tomber sur des gens formidables : un prêtre qui avait la trentaine, qui se baladait en polo Lacoste et en TN et qui rendait les messes vivantes et passionnantes, des animateurs adorables qui m’ont fait découvrir des tonnes de choses — par forcément catholiques d’ailleurs. Personnellement, toutes les personnes qui sont autour de moi dans ma paroisse et dans mon aumônerie constituent un peu une deuxième famille, des gens qui seront toujours là pour nous dans les coups durs, avec qui on partage des moments de joie comme des moments de prière (bawi, sans vouloir passer pour une fanatique, c’est quand même la base d’une religion). Je sais bien que tout n’est pas rose et par exemple, je ne suis pas d’accord avec le fait de considérer les personnes homosexuelles comme anormales et je ne crois pas que Dieu a réellement créé un homme avec de la poussière puis à partir de sa côte en a fait une femme. Je crois que tout ce qu’il y a dans la Bible sont des métaphores à interpréter et que justifier ses actions en disant qu’elles sont en l’honneur de Dieu est assez limité.
    Enfin bon, je n’essaie de convertir personne et n’ai d’ailleurs jamais essayé, mais je trouve dommage d’être autant négatif concernant la religion. En fait, je trouve surtout que l’argument « je ne veux rien imposer à mes enfants » qu’on retrouve beaucoup dans les commentaires n’est pas vraiment valable. Si on n’oblige pas nos enfants à aller à l’école et à leur apprendre les mathématiques, par exemple, il y a peu de chance qu’ils le fassent d’eux mêmes. Je pense que c’est la même chose pour la religion et alors comment pourraient-ils savoir si ça leur apporte quelque chose ou pas ? A la limite, je trouve davantage logique de montrer à peu près toutes les religions à ses enfants et ensuite de le laisser choisir en connaissance de cause…

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