Le web du clic VS le web de l'attention

Quel problème pose ce que vous appelez « le Web du clic » ? Le défi est double : vendre des affichages de publicité sur des pages, comme le font aujourd’hui les médias, ne monétise pas du contenu mais des clics sur des liens qui mènent à du contenu. Une fois que j’ai cliqué, la monétisation a lieu, peu importe que j’aie lu le contenu ou que je l’aie aimé. Cela pose un problème pour le bon contenu : pour vendre beaucoup d’impressions publicitaires, je ne veux pas que les gens lisent le contenu mais qu’ils cliquent dessus. Pour les annonceurs, cela veut dire qu’ils ne payent pas pour gagner l’attention des gens mais pour de simples clics.

Quel est le second défi ? Avec le Web du clic, l’inventaire est infini. Augmenter son inventaire ne coûte rien : je prends un article, je le découpe en trois pages différentes, cela triple le nombre de clics possibles, donc mon inventaire. Dans ce contexte, les prix des publicités tendent vers zéro. C’est pour cela que les éditeurs de presse de qualité ont des difficultés à vivre. Il faut passer du web du clic au web de l’attention, nous avons besoin autre d’un système de mesure.

— Tony Haile, PDG de Chartbeat, dans une passionnante interview sur LeMonde.fr

C’est ce qu’on essaie de faire sur madmoiZelle depuis le jour 1 : avoir des lectrices et non pas des cliqueuses (c’est même dans l’argu de notre page « Annoncez sur madmoiZelle »).  Ravi de voir qu’il y a des pros de l’internet qui commencent à se soucier des velléités de lecture — et donc d’implication — des internautes. Si l’intégralité du marché pub basculait du « web du clic » au « web de l’attention », nul doute que ça changerait radicalement la façon de faire des éditeurs et donc le visage du web d’aujourd’hui. Et à mon humble avis, pour un Internet un peu meilleur.

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