L'impossibilité d'une coupure

Ce post est en « brouillon » dans mon blog depuis le mois d’août 2013. À l’époque, je l’avais entamé pour notifier à quel point, depuis la création de madmoiZelle — bientôt 9 ans — j’étais incapable de m’arrêter. Si j’ai de l’internet à proximité, je vais être obligé d’aller voir comment ça se passe, ou les stats, ou les commentaires.

Je n’ai pas vraiment souvenir d’avoir déconnecté totalement du boulot et de madmoiZelle depuis tout ce temps. J’ai quelques souvenirs très diffus d’avoir eu la sensation d’être totalement calme et reposé, cet étrange moment où tu respires profondément et que ton cerveau te dit « ok, là, t’es bien, tu t’en bats les couilles de tout le reste », mais c’est bien tout et ça n’a pas vraiment duré longtemps.

Pourtant, je ne suis pas vraiment anxieux. Je pense que si t’es anxieux, c’est compliqué de lancer sa boîte et d’autant plus compliqué pour ta santé quand il s’agit de la faire grandir et de pousser les feux. Mais en neuf ans, les moments où j’ai été capable de lâcher prise et de laisser le boulot de côté ont été très rares.

Mes vacances ont toujours été pour moi l’occasion de faire le point sur la boîte… mais sans jamais être capable de décrocher du quotidien. Paradoxal, n’est-ce pas ?

C’était compréhensible quand j’étais tout seul, ou qu’on était 2 ou 3 dans l’équipe. Ça l’est moins maintenant qu’on est toute une tripotée à pouvoir faire le job — ce n’est pas non plus que je suis incapable de déléguer, mais juste que je considère que mes vacances étaient surtout l’occasion de faire le point sur la boîte… mais sans jamais être capable de décrocher du quotidien. Paradoxal, n’est-ce pas ? Je sais. Et puis il y a, sous-jacente, planquée dans l’ombre, cette culpabilité (très très conne mais pourtant elle est là) de ne pas faire à chaque instant avancer le schmilblick.

L’année passée, je faisais donc sur ce blog un triste constat d’échec de ma tentative de mettre le boulot et surtout l’internet de côté. J’avais laissé un texte en cours de gestation, avant de me retrouver pendant trois jours à l’hosto pour des soucis au colon, ruinant les vacances familiales par la même occasion.

Un an plus tard, ma petite entreprise a pas mal grandi. L’année scolaire 2013-2014 fut fantastique pour madmoiZelle à tous points de vue : de nouveaux bureaux, des équipes géniales, de nouveaux projets, des chiffres en croissance et de grandes décisions, qui vont sans doute faire de 2014-2015 une année encore plus forte — en tout cas, je vais tout faire pour.

OUI MAIS. Si je n’arrive pas à déconnecter totalement pendant les 15 jours de vacances qui se profilent en compagnie d’amis et de mes trois blondes, je sais que je ne vais pas tenir. J’ai de plus en plus de mal le matin et je finis mes journées sur les genoux. J’ai même fait un sieston à midi, fait assez rare pour que mon équipe se marre à me photographier (d’habitude, c’est mon péché mignon, J’AVOUE).

Autant de signes qui me montrent qu’il est temps de faire un VRAI break, pour la première fois depuis 9 piges.

Je vais donc :

  • Virer la carte SIM de mon iPhone pour la mettre dans un vieux téléphone. Point de 3G, point de Facebook, point de Twitter et pas de mails en permanence dans ma poche. Je me laisse quand même la possibilité d’être joignable, sait-on jamais, en cas d’extrême urgence.
  • Prendre tout de même mon ordi avec moi, mais ne le sortir qu’en cas d’urgence. Je compte bien écrire un peu, mais ça ne sera pas du tout pour madmoiZelle.
  • Prendre le temps de réfléchir aux projets, aux décisions en suspens, les fameuses décisions « importantes pas urgentes ». Mais contrairement aux années précédentes, je le ferais uniquement quand mon cerveau bien reposé me l’autorisera. Je vais tout faire pour chasser toute pensée du boulot qui aurait un rapport direct avec le quotidien du site.
  • Mais SURTOUT profiter de ma famille, mes amis et de ce moment privilégié pour me régénérer et me blinder d’énergie pour cette année qui promet d’être haletante.

Départ prévu vendredi prochain !

2 pensées sur “L'impossibilité d'une coupure”

  1. Très bonne décision ! Comme je te comprends ! Étant freelance, je n’arrive pas non plus à m’accorder des vacances/un week-end/une journée…

    Bonnes vacances et respecte tes bonnes résolutions !
    et puis surtout, dis-nous comment cela s’est passé à ton retour

Laisser un commentaire