De la nécessité du consentement dans notre société

L’affaire JoeyStarr-Gilles Verdez de la semaine passée, orchestrée par un Hanouna plus retors que jamais pour mettre la main sur D8, nous a montré une nouvelle fois à quel point toute notion de consentement était étrangère à notre cher « vivre ensemble » en France.

Oh, il y en a eu PLEIN, des articles sur Hanouna ceci, JoeyStarr cela et chez madmoiZelle, on a décidé – bien sûr – de l’angler sur le consentement.

Et je n’ai vu, hélas, personne d’autre nous précéder – on est sortis 48h après « l’affaire » ou nous emboîter le pas.

C’est quand même triste à pleurer de voir qu’aucun média, aucun éditorialiste, aucune tête pensante qui s’est penchée sur cette histoire, certes pathétique mais tellement révélatrice de notre époque, n’ait choisi de s’attarder sur le fait que JoeyStarr, aussi violent qu’il soit, était assis peinard dans son canapé et n’avait strictement rien demandé à personne.

Ça m’a rappelé une anecdote, que je m’en vais vous conter ici, non sans vous avoir d’abord dit :

APPRENEZ LE CONSENTEMENT À VOS ENFANTS. DÈS LEUR PLUS JEUNE ÂGE.

Et si la notion la plus « connue » pour le consentement se rapporte généralement au sexe, il vaut aussi pour toutes les situations de la vie : pour les chamailleries, les bagarres, les batailles de chatouilles entre frères et sœurs, pour toutes les histoires du quotidien, une règle simple : NON C’EST NON. Fin de l’histoire, y’a pas à tergiverser, à tortiller, à sortir des excuses aussi crétines que « machine n’a pas d’humour » parce que la règle est simple :

NON C’EST NON.

L’anecdote en question, la voici :

Il y a quelques mois, esclandre — rarissime — entre les deux sistas. Lyna a cogné sa frangine. Pas très fort, mais l’a cognée tout de même, ce qui suffit à me mettre hors de mes gongs. La violence physique, c’est no pasarán chez moi.

Kim m’explique que sa grande sœur ne veut pas qu’elle reste dans sa chambre. J’appelle l’aînée, lui demande pourquoi elle a tapé Kim. Elle me confirme qu’elle voulait être seule dans sa chambre.

De mon point de vue, je vois ça comme une façon un peu désagréable d’exclure Kim de ses loisirs et surtout je ne vois pas vraiment pourquoi la taper. Coup de pression paternel, ne t’avère jamais de cogner ta sœur, sinon t’auras affaire à moi.

Plusieurs mois passent et Lyna finit par me ressortir cette histoire — elle en avait gros, à raison : elle m’explique la » vraie » version, qui était qu’après avoir viré Kim de sa chambre à plusieurs reprises, la petite revenait sans cesse, alors qu’elle lui avait expressément demandé de ne plus revenir.

C’est pas la même limonade, on est bien d’accord ?

Après m’être excusé auprès de Lyna, pour ne pas avoir creusé plus loin l’enquête, et après avoir appelé Kim, je leur ai expliqué – je pense – pour la première fois ce principe de base entre elles : non c’est non. Si ta sœur veut que tu sortes de sa chambre, tu sors de sa chambre.

C’est fou comme cette querelle de mômes, pourtant anodine, m’a rappelé cette histoire de claque télévisuelle.

La société tournerait vraiment mieux si on inculquait aux enfants cette notion tellement primordiale du consentement dès leur plus jeune âge.

2 pensées sur “De la nécessité du consentement dans notre société”

  1. Dans un registre parallèle, j’apprends à ma fille (7 ans bientôt) que si son frère (ou une copine) insiste, elle ne doit pas céder : elle a dit non, elle en a parfaitement le droit, et ne doit pas changer de réponse pour lui faire plaisir ou qu’il la laisse tranquille (parce que là, on arrive à ton post « ma première fois c’était un viol » : elle a dit non au début, puis se rendant compte qu’il continuait à insister a demandé un préservatif; pour mes collègues c’est qu’elle n’a pas vraiment dit non (!!))

Laisser un commentaire