De la nécessité du consentement dans notre société

L’affaire JoeyStarr-Gilles Verdez de la semaine passée, orchestrée par un Hanouna plus retors que jamais pour mettre la main sur D8, nous a montré une nouvelle fois à quel point toute notion de consentement était étrangère à notre cher « vivre ensemble » en France.

Oh, il y en a eu PLEIN, des articles sur Hanouna ceci, JoeyStarr cela et chez madmoiZelle, on a décidé – bien sûr – de l’angler sur le consentement.

Et je n’ai vu, hélas, personne d’autre nous précéder – on est sortis 48h après « l’affaire » ou nous emboîter le pas.

C’est quand même triste à pleurer de voir qu’aucun média, aucun éditorialiste, aucune tête pensante qui s’est penchée sur cette histoire, certes pathétique mais tellement révélatrice de notre époque, n’ait choisi de s’attarder sur le fait que JoeyStarr, aussi violent qu’il soit, était assis peinard dans son canapé et n’avait strictement rien demandé à personne. Continuer la lecture de « De la nécessité du consentement dans notre société »

« Mon cher papa »

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Cette vidéo est l’épisode n°753 de la série « Pourquoi éduquer des filles dans cette société merdique est sans doute la tâche la plus ardue que j’ai eue à affronter dans ma vie ».

Cette vidéo m’a flingué. Mais… mais ça pourrait être mes filles !

Chers papas (et chers parents tout court, d’ailleurs), refusez systématiquement les « blagues » qui visent les filles, qui chercher à les rabaisser, à les moquer, à les slutshamer.

Ce n’est pas parce que vous les avez perpétrées (ou subies) en étant gamin-e qu’il faut laisser la génération suivante reproduire les mêmes conneries.  Continuer la lecture de « « Mon cher papa » »

Apprenez à vos enfants la notion de consentement

Je lis ce témoignage publié sur madmoiZelle, un très joli texte au contenu abominable appelé « Ma première fois, c’était un viol », et les nombreux commentaires qui disent « moi aussi », et ça me glace le sang, et je ne sais pas quoi faire d’autre que d’expliquer à mes filles : Continuer la lecture de « Apprenez à vos enfants la notion de consentement »

Sistas

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Cette photo est tellement représentative de l’état d’esprit actuel de nos deux filles : elles s’entendent à merveille. Et quand je dis « à merveille », je pèse mes mots. Sur nos quinze jours de vacances, on a dû régler ou tuer dans l’oeuf 2 ou 3 micro-conflits ridicules, donc un ou deux durant les 20 heures de voyage qu’on leur a fait subir aller-retour à l’arrière de notre petite 206. Continuer la lecture de « Sistas »

Chère Kimkim

(c’est con, non, de donner à son môme un prénom tellement court qu’il n’a pas de diminutif et donc de lui donner un surnom qui le rallonge ?)

Chère Kimkim,

On est le 1er août 2014. Si tu lis ça dans quelques années, je ne sais pas où on en en sera, mais à l’heure où j’écris ces lignes, on passe peu de temps, toi et moi, ensemble. Du moins, on passe moins de temps ensemble que je n’en passe avec ta grande soeur. Faut dire que Lyna saute sur tous les trucs que je lui propose et toi, un peu moins. Pour t’affirmer en tant qu’individu, sans doute. Difficile de t’en vouloir, parce que je sais que c’est totalement ma faute et que je suis incapable de savoir ce que ça fait d’être le cadet de la famille. Continuer la lecture de « Chère Kimkim »

Où on cause parentalité avec d'autres parents blogueurs chez Navo

J’étais invité dans le micro de Radio Navo (allez écouter ses autres podcasts c’est très bien) avec des invités que j’avais pu choisir, grâce à son fantastique concept « Les Invités de mes Invités sont mes Invités ». J’ai donc invité Nadia Daam, Titiou Lecoq et Mickaël aka Papacube pour parler parentalité. On a surtout appris des tas de trucs à Navo, le pauvre.

Et les filles, si un jour vous lisez ce blog tout poussiéreux, vous viendrez me voir pour me dire si on a été des bons parents, ou pas (et puis je vous expliquerai aussi ce truc de « si c’était à refaire », parce que c’est compliqué) (je vous aime les filles) (parce que oui, faut trop le dire que pas assez)

Le harcèlement de rue intériorisé

C’est un immense souci de société : le harcèlement de rue touche de près ou de loin toutes les filles en France. C’est un problème qui me rend personnellement taré, et d’autant plus depuis que j’ai deux filles : je ne peux pas les imaginer évoluer dans une société où elles ne pourraient pas circuler librement dans la rue sans se faire interpeller, siffler, draguer lourdement, appeler (au mieux) par des noms d’animaux.

Un samedi aprèm, alors que je faisais le Papa moderne et que Maman était au boulot et qu’elle ne faisait pas de gâteaux, on est allés se balader avec les fifilles à la médiathèque flambant neuve du quartier. L’occasion pour elles de déposer leurs bouquins et d’en réemprunter une tripotée. Continuer la lecture de « Le harcèlement de rue intériorisé »

Des êtres humains libres

Mes filles, si vous lisez ça bientôt, prenez note :  si un jour, vous… êtes qui vous êtes et/ou vous adoptez un mode de vie qui — pour je ne sais quelle raison — ne me convient pas et que je vous envoie chier comme un vieux con que je serai, n’oubliez pas : dites-moi d’aller bien me faire foutre.

Parce que ce 17 février 2014, j’ai reçu dans ma boîte mail un email d’une lectrice de madmoiZelle, qui explique qu’après avoir vu Ellen Page si soulagée après son coming-out ce week-end, elle a bravé sa trouille pour expliquer à sa mère qu’elle était lesbienne. Et sa mère de lui répondre « j’aurais préféré que tu m’annonces un cancer ». Voilà. Nous sommes en France, en 2014.

Ce 17 février 2014, cette histoire m’a révolté. Comment, COMMENT, peut-on faire des mômes et décider de les envoyer chier parce qu’ils ne sont pas comme tu les as rêvés ? À quel point peut-on être pourris de l’intérieur pour enfanter un être, qui n’a donc pas demandé à venir au monde et décider que leur vie nous appartient, au point de les renier s’ils… sont différents de ce que tu attends d’eux ?

C’est pourquoi j’espère qu’avec votre mère, on aura réussi à vous élever comme des êtres libres, des personnes à part entière. Et si un jour, je me comporte comme un vieux con, sentez-vous libres de me dire d’aller mourir. Et vous aurez bien raison.

Poussez vos mômes vers le haut

Un jour, vous paierez pour aller le voir.
C’est le genre de phrases que ma mère offrait à mes profs quand ils se plaignaient de mon comportement.
Elle m’a toujours bien fait comprendre que je flottais allègrement au dessus de la masse, que j’étais un génie, que j’allais révolutionner le monde, que tout ce qui sortait de mon cerveau était de l’or pur.
C’était bien fichu, parce que bien dilué dans un tas d’autres trucs, dans un savant mélange de défi et d’admiration. Une espèce d’escaliers sans fin, de cercle vertueux. Des encouragements. Des applaudissements qui ont fini par m’énerver à l’adolescence, tellement je la pensais aveugle d’aimer tout ce que je faisais.

Extrait d’un post intitulé « L’éloge de la prétention » sur feu le blog de Navo, que j’ai lu il y a quelques temps à l’époque où son blog existait encore.

Ce billet m’avait renvoyé au traitement de choix que mes parents nous ont offert : ils nous ont toujours poussé vers le haut, toujours mis sur un piédestal par rapport à nos potes, toujours valorisé. Je veux pas parler pour mon frère et ma soeur, mais de mon point de vue, je sais que si j’ai une telle confiance en moi aujourd’hui, c’est aussi grâce à eux, à ce soutien inexorable.

Une leçon pour tous les parents : chérissez ce que font vos mômes, ne les rabrouez jamais, poussez-les vers le haut, encouragez-les, incitez-les à se donner à fond dans ce qu’ils entreprennent, dites-leur qu’ils sont les meilleurs. Au mieux, s’ils trébuchent, ils se relèveront avec l’idée en tête de devenir meilleurs et au pire, ils passeront pour prétentieux aux yeux du reste du monde, mais ils auront une confiance en eux inébranlable.

Kim, la piscine et le temps qui passe

Les lectrices et lecteurs réguliers le savent : chaque lundi ou presque, j’emmène les fifilles à la piscine après l’école. Lyna y prend son cours de natation pendant que je… je nage — appelons-ça comme ça — avec Kim.

Au départ, elle me grimpait sur le dos pendant que je tentais de faire des longueurs. Seul souci : elle se lâchait pour mieux barboter toute seule, sans brassard. Et donc elle se noyait, inexorablement. Au bout de la troisième fois, je me suis demandé si je n’allais pas la laisser couler. Après tout, elle avait l’air d’avoir envie de se débrouiller. Mais bon, l’éducation à l’autonomie a ses limites.

Alors je l’ai récupérée et j’ai arrêté de vouloir nager tranquille, en m’imaginant qu’elle me suivrait façon poisson pilote. Donc je l’ai poussée à apprendre des trucs, à dépasser ses p’tites limites, qui devaient paraître immenses à ses yeux.

Elle a donc commencé par plonger toute seule, puis sans que je la rattrape de suite une fois sous l’eau, puis elle est allée rejoindre l’échelle toute seule après avoir sauté… puis elle a commencé à relever la tête hors de l’eau entre deux brasses approximatives… jusqu’à lundi dernier, où elle s’est élancée de la ligne d’eau pour rejoindre le bord, toute seule, sans mon aide. Elle galérait un peu sur la fin, mais elle s’en est sortie sans aucun souci. Hop, un crapaud à l’eau, qui sortait son museau pour prendre sa respiration puis replongeait pour mieux nager façon p’tit chien. « Utilise tes bras » que j’lui disais. Succès, « high-five de grande », p’tit câlin, grand sourire, joie. Le vrai panard.

Puis j’ai pris deux secondes. Et j’me suis dit que ça y est, mes mômes savaient nager. Ça c’est fait, elles n’auront pas peur de l’eau. Satisfaction paternelle.

Puis je me suis rendu compte que plus jamais je ne connaîtrais ce sentiment. Alors je lui ai dit « encore une fois ? » et je l’ai regardée avec encore un peu plus d’attention, pour mieux graver ce moment dans ma mémoire.