Des êtres humains libres

Mes filles, si vous lisez ça bientôt, prenez note :  si un jour, vous… êtes qui vous êtes et/ou vous adoptez un mode de vie qui — pour je ne sais quelle raison — ne me convient pas et que je vous envoie chier comme un vieux con que je serai, n’oubliez pas : dites-moi d’aller bien me faire foutre.

Parce que ce 17 février 2014, j’ai reçu dans ma boîte mail un email d’une lectrice de madmoiZelle, qui explique qu’après avoir vu Ellen Page si soulagée après son coming-out ce week-end, elle a bravé sa trouille pour expliquer à sa mère qu’elle était lesbienne. Et sa mère de lui répondre « j’aurais préféré que tu m’annonces un cancer ». Voilà. Nous sommes en France, en 2014.

Ce 17 février 2014, cette histoire m’a révolté. Comment, COMMENT, peut-on faire des mômes et décider de les envoyer chier parce qu’ils ne sont pas comme tu les as rêvés ? À quel point peut-on être pourris de l’intérieur pour enfanter un être, qui n’a donc pas demandé à venir au monde et décider que leur vie nous appartient, au point de les renier s’ils… sont différents de ce que tu attends d’eux ?

C’est pourquoi j’espère qu’avec votre mère, on aura réussi à vous élever comme des êtres libres, des personnes à part entière. Et si un jour, je me comporte comme un vieux con, sentez-vous libres de me dire d’aller mourir. Et vous aurez bien raison.

Poussez vos mômes vers le haut

Un jour, vous paierez pour aller le voir.
C’est le genre de phrases que ma mère offrait à mes profs quand ils se plaignaient de mon comportement.
Elle m’a toujours bien fait comprendre que je flottais allègrement au dessus de la masse, que j’étais un génie, que j’allais révolutionner le monde, que tout ce qui sortait de mon cerveau était de l’or pur.
C’était bien fichu, parce que bien dilué dans un tas d’autres trucs, dans un savant mélange de défi et d’admiration. Une espèce d’escaliers sans fin, de cercle vertueux. Des encouragements. Des applaudissements qui ont fini par m’énerver à l’adolescence, tellement je la pensais aveugle d’aimer tout ce que je faisais.

Extrait d’un post intitulé « L’éloge de la prétention » sur feu le blog de Navo, que j’ai lu il y a quelques temps à l’époque où son blog existait encore.

Ce billet m’avait renvoyé au traitement de choix que mes parents nous ont offert : ils nous ont toujours poussé vers le haut, toujours mis sur un piédestal par rapport à nos potes, toujours valorisé. Je veux pas parler pour mon frère et ma soeur, mais de mon point de vue, je sais que si j’ai une telle confiance en moi aujourd’hui, c’est aussi grâce à eux, à ce soutien inexorable.

Une leçon pour tous les parents : chérissez ce que font vos mômes, ne les rabrouez jamais, poussez-les vers le haut, encouragez-les, incitez-les à se donner à fond dans ce qu’ils entreprennent, dites-leur qu’ils sont les meilleurs. Au mieux, s’ils trébuchent, ils se relèveront avec l’idée en tête de devenir meilleurs et au pire, ils passeront pour prétentieux aux yeux du reste du monde, mais ils auront une confiance en eux inébranlable.

7 ans, mon premier harcèlement

Vendredi dernier, de retour à Lille, alors que je demande à Lyna si elle a passé une bonne journée, elle me répond « halala c’est relou, y’a José* qui a passé son temps à me courir après pour m’embrasser ! ». Premier réflexe — con — du père — con — que je suis : je souris tout en me disant « ah bah oui, dis donc, t’as dû passer une journée difficile à te faire dragouiller ».

Sauf que. Quelques instants plus tard, son visage change, son petit sourire de façade disparaît… et elle se met à pleurer. Voilà.

Dans un premier temps, tu flippes. Bordel, que s’est-il passé ?  Continuer la lecture de « 7 ans, mon premier harcèlement »

Alzared

Un peu de 90/10 pendant les vacances, ça fait toujours du bien !

Tous les soirs avec Lyna, on fait un « cahier d’énigmes » que je lui ai trouvé chez Auchan pendant les éprouvantes courses de rentrée (d’autant plus éprouvantes quand j’ai appris que l’école proposait d’acheter tout le matos à notre place, mais qu’on avait raté le papier). Ça s’appelle Énigme au Cirque Alzared, ou un truc dans le genre, c’est drôlement bien fichu, une sorte de Livre dont vous êtes le héros simplifié où vous devez répondre à des questions pour avancer dans l’histoire.

Lyna bloquait depuis le début des vacances sur le nom du magicien, Alzared – en tout cas sur la dernière syllabe.

À mon retour de séjour à l’hosto, elle me dit avoir avancé avec sa mère, commence à lire et passe sans aucun souci le premier « Alzared » qu’on rencontre. L’air de rien, elle se retourne sur moi, un sourire aux lèvres, me jette un regard fiérot l’air de dire « t’as vu comment JE LE MAÎTRISE ! » et continue sa lecture.

Petit moment de fierté et de joie.

C'était le 23 avril 2013.

Les filles, quand vous lirez ces lignes dans 5 ou 10 ans, ça vous paraîtra sans doute totalement dingo. Vous verrez les images de ces députés de droite hystériques et ridicules (le coup de la ballerine), de ces opposants au mariage pour tous qui sont totalement CONTRE le fait d’offrir un droit à leurs concitoyens, un droit qui ne leur posera, à eux, personnellement, dans leur petite vie rance, jamais le moindre problème.

Vous verrez ces images et vous vous direz « mais qu’est-ce que c’est que ce pays de fou dans lequel vous m’avez mise au monde ? »… et vous n’aurez pas tort. Continuer la lecture de « C'était le 23 avril 2013. »

Skip the Use

stu-blog

Je vous ai déjà causé de ma théorie des 90/10, ces fameux 10% de kif intense avec vos mômes qui vous font oublier les 90% de vie quotidienne bien plus relous.

La semaine passée y’a 15 jours (je traîne), je me suis donc pris ma dose de 10% pour quelques mois, puisque j’ai emmené Lyna voir Skip the Use à l’Olympia, grâce à la formidable Coralie chez Polydor (merci, sans toi j’aurais jamais pu être le meilleur père du monde pendant au moins 2h).

C’était ça, la fameuse putain de surprise pour compenser le fait qu’elle soit séparée de ses potes en CP. Pour son premier « vrai » concert (on était allés voir Moriarty qui avait fait un concert spécial mômes un dimanche aprèm au Trianon – elle chantait très bien Moriarty plus jeune), elle a assisté à du très lourdos, puisque Skip the Use est pas loin d’être l’un des tous meilleurs groupes francophones sur scène. Faut dire que Mat Bastard est sacrément amoché en plus d’être génial. Continuer la lecture de « Skip the Use »

É-mu-la-tion

Kim, si tu lis ça dans dix piges, tu sauras que tu t’es « décoincée » de la flotte lors de l’été 2012 grâce à une certaine Charlotte. Tu avais une trouille bleue qu’on te laisse seule, avec tes brassards, au milieu de la piscine, t’accrochant frénétiquement à nos pouces. Sympathique boulet. Jusqu’au moment où tu as vu que la petite Charlotte, 2 ans et demi, un « bébé » à tes yeux, s’est mise à l’eau et est allée nager toute seule avec sa bouée au milieu de la piscine. Continuer la lecture de « É-mu-la-tion »

Eurodisney : le livetweet de la mort

Celles et ceux qui me suivent sur TOUITTEUR auront sans doute remarqué que j’ai floodé dimanche, puisque j’ai LIVE-TWEETÉ notre journée en famille à Eurodisney. J’en dis pas plus, lisez ici, chaque « tweet » est très court — c’est le principe, moins de 140 caractères, et ça se lit DE BAS EN HAUT. Allez hop hop hop, on descend jusqu’en bas et on remonte ! Continuer la lecture de « Eurodisney : le livetweet de la mort »