Pourquoi la religion ?

Ce week-end, on s’est retrouvés à l’église, pour une messe de mariage. C’était aussi pour Lyna et Kim leur toute première messe, ou du moins leur première depuis qu’elles sont capables de dire que 2+2 font 4. J’étais assez curieux de leur réaction : et si elles décidaient toutes les deux de rentrer dans les ordres suite à cette séance ? Ça m’ferait une bien belle guibole, tiens.

Leur ras-le-bol au bout de cinq minutes m’a d’une part rassuré quant à leur éventuelle épiphanie, mais aussi ramené à une interrogation : POURQUOI mes parents m’ont collé à l’époque dans tout le parcours caté-communion ? Qu’est-ce qu’ils ont bien pu se dire ? À quel moment ils ont pu se dire que ce truc allait m’épanouir ?  Et puis quelles sont leurs positions respectives sur le sujet ? Parce qu’autant ma mère vient d’une famille plutôt catho, autant mon père avait un père communiste et ouvrier-dans-le-textile, combo généralement peu enclin à croire à quelque supériorité divine. Continuer la lecture de « Pourquoi la religion  ? »

Où on cause parentalité avec d'autres parents blogueurs chez Navo

J’étais invité dans le micro de Radio Navo (allez écouter ses autres podcasts c’est très bien) avec des invités que j’avais pu choisir, grâce à son fantastique concept « Les Invités de mes Invités sont mes Invités ». J’ai donc invité Nadia Daam, Titiou Lecoq et Mickaël aka Papacube pour parler parentalité. On a surtout appris des tas de trucs à Navo, le pauvre.

Et les filles, si un jour vous lisez ce blog tout poussiéreux, vous viendrez me voir pour me dire si on a été des bons parents, ou pas (et puis je vous expliquerai aussi ce truc de « si c’était à refaire », parce que c’est compliqué) (je vous aime les filles) (parce que oui, faut trop le dire que pas assez)

Le doudou est mort ce soir.

Pour s’endormir, Lyna a une fleur-dont-tu-tires-la-tige-et-ça-fait-une-mélodie. Tous les soirs depuis sa venue au monde, elle la berce.

Après huit ans de bons et loyaux services, cette fleur/doudou est en train de rendre l’âme. Avec le temps, la tige se détend de plus en plus et donc elle finit par ne plus sortir que quelques notes de cette fameuse musique qu’on lui a enclenché des centaines de fois au moment de la mettre au lit, puis qu’elle mettait en route elle-même dès qu’elle a pu le faire. Continuer la lecture de « Le doudou est mort ce soir. »

Le harcèlement de rue intériorisé

C’est un immense souci de société : le harcèlement de rue touche de près ou de loin toutes les filles en France. C’est un problème qui me rend personnellement taré, et d’autant plus depuis que j’ai deux filles : je ne peux pas les imaginer évoluer dans une société où elles ne pourraient pas circuler librement dans la rue sans se faire interpeller, siffler, draguer lourdement, appeler (au mieux) par des noms d’animaux.

Un samedi aprèm, alors que je faisais le Papa moderne et que Maman était au boulot et qu’elle ne faisait pas de gâteaux, on est allés se balader avec les fifilles à la médiathèque flambant neuve du quartier. L’occasion pour elles de déposer leurs bouquins et d’en réemprunter une tripotée. Continuer la lecture de « Le harcèlement de rue intériorisé »

Des Chinois de Chine ou des Chinois du Japon ?

L’autre midi, Cath racontait une histoire à table :

– Et là, y’a un Chinois qui sort de…
(Lyna la coupe) Tu sais pas si c’est un Chinois… c’est peut-être un Japonais, tu sais.
– …
– En tout cas, c’est sûr qu’il était asiatique.
– …

Cet enfant est donc déjà immunisé contre le racisme latent qui touche 90 % des Français. Je suis en joie. Cath s’est excusée de sa maladresse, et on en a profité pour approfondir le concept et l’élargir aux autres ethnies du monde.

De toutes façons, sur le sujet, une chose est sûre : mieux vaut tard que jamais pour un bon bourrage de crâne à base de tolérance.

(ce titre en référence à OSS 117 de mon coeur)

Papa c'est quoi l'avortement ?

La parentalité au quotidien, c’est des tas de questions dont on a déjà anticipé les réponses. Mais les meilleures de ces questions, à mon humble avis, sont sans doute celles que vous n’avez pas vues venir, que vous auriez préféré éviter, mais qu’il faut savoir affronter le moment venu. Pas question de laisser les mômes avec un « demande à ta mère ».

Mais avant tout, un peu de contexte : quand je bosse les weekends, Lyna aime bien venir s’asseoir à côté de moi ou sur mes genoux. Elle regarde ce que je fais, pose des questions (« alors là je monte une vidéo, je prends un bout de vidéo, que je colle derrière un autre bout de vidéo »).

Ce samedi-là, une lectrice de madmoiZelle mentionne le Twitter de la Redac « vous avez vu cette vidéo ? ».

Erreur : je clique avec Lyna sur mes genoux. La vidéo se lance toute seule. Le titre est assez peu explicite : une petite fille américaine de 12 ans parle de l’avortement. Je me dis que ça peut être une chouette façon de lui présenter le sujet. Continuer la lecture de « Papa c'est quoi l'avortement  ? »

Des êtres humains libres

Mes filles, si vous lisez ça bientôt, prenez note :  si un jour, vous… êtes qui vous êtes et/ou vous adoptez un mode de vie qui — pour je ne sais quelle raison — ne me convient pas et que je vous envoie chier comme un vieux con que je serai, n’oubliez pas : dites-moi d’aller bien me faire foutre.

Parce que ce 17 février 2014, j’ai reçu dans ma boîte mail un email d’une lectrice de madmoiZelle, qui explique qu’après avoir vu Ellen Page si soulagée après son coming-out ce week-end, elle a bravé sa trouille pour expliquer à sa mère qu’elle était lesbienne. Et sa mère de lui répondre « j’aurais préféré que tu m’annonces un cancer ». Voilà. Nous sommes en France, en 2014.

Ce 17 février 2014, cette histoire m’a révolté. Comment, COMMENT, peut-on faire des mômes et décider de les envoyer chier parce qu’ils ne sont pas comme tu les as rêvés ? À quel point peut-on être pourris de l’intérieur pour enfanter un être, qui n’a donc pas demandé à venir au monde et décider que leur vie nous appartient, au point de les renier s’ils… sont différents de ce que tu attends d’eux ?

C’est pourquoi j’espère qu’avec votre mère, on aura réussi à vous élever comme des êtres libres, des personnes à part entière. Et si un jour, je me comporte comme un vieux con, sentez-vous libres de me dire d’aller mourir. Et vous aurez bien raison.

Poussez vos mômes vers le haut

Un jour, vous paierez pour aller le voir.
C’est le genre de phrases que ma mère offrait à mes profs quand ils se plaignaient de mon comportement.
Elle m’a toujours bien fait comprendre que je flottais allègrement au dessus de la masse, que j’étais un génie, que j’allais révolutionner le monde, que tout ce qui sortait de mon cerveau était de l’or pur.
C’était bien fichu, parce que bien dilué dans un tas d’autres trucs, dans un savant mélange de défi et d’admiration. Une espèce d’escaliers sans fin, de cercle vertueux. Des encouragements. Des applaudissements qui ont fini par m’énerver à l’adolescence, tellement je la pensais aveugle d’aimer tout ce que je faisais.

Extrait d’un post intitulé « L’éloge de la prétention » sur feu le blog de Navo, que j’ai lu il y a quelques temps à l’époque où son blog existait encore.

Ce billet m’avait renvoyé au traitement de choix que mes parents nous ont offert : ils nous ont toujours poussé vers le haut, toujours mis sur un piédestal par rapport à nos potes, toujours valorisé. Je veux pas parler pour mon frère et ma soeur, mais de mon point de vue, je sais que si j’ai une telle confiance en moi aujourd’hui, c’est aussi grâce à eux, à ce soutien inexorable.

Une leçon pour tous les parents : chérissez ce que font vos mômes, ne les rabrouez jamais, poussez-les vers le haut, encouragez-les, incitez-les à se donner à fond dans ce qu’ils entreprennent, dites-leur qu’ils sont les meilleurs. Au mieux, s’ils trébuchent, ils se relèveront avec l’idée en tête de devenir meilleurs et au pire, ils passeront pour prétentieux aux yeux du reste du monde, mais ils auront une confiance en eux inébranlable.

7 ans, mon premier harcèlement

Vendredi dernier, de retour à Lille, alors que je demande à Lyna si elle a passé une bonne journée, elle me répond « halala c’est relou, y’a José* qui a passé son temps à me courir après pour m’embrasser ! ». Premier réflexe — con — du père — con — que je suis : je souris tout en me disant « ah bah oui, dis donc, t’as dû passer une journée difficile à te faire dragouiller ».

Sauf que. Quelques instants plus tard, son visage change, son petit sourire de façade disparaît… et elle se met à pleurer. Voilà.

Dans un premier temps, tu flippes. Bordel, que s’est-il passé ?  Continuer la lecture de « 7 ans, mon premier harcèlement »