Dix ans de madmoiZelle, dix ans de leçons

J’ai lancé madmoiZelle le 1er octobre 2005. En dix ans à la tête de cette entreprise, j’en ai appris, des choses. Dix ans, ça fait un cap important, et j’ai trouvé intéressant de recenser ici les quelques leçons que j’ai tirées de cette expérience formidable.

Ça pourrait peut-être vous inspirer — ou pas. J’ai pris le parti de juste les lister, sans développer, et je viendrai sans doute mettre à jour ce post dans les mois (et les années ?) à venir. Continuer la lecture de « Dix ans de madmoiZelle, dix ans de leçons »

Nabilla et les nouveaux modèles économiques des magazines web

Oui, je sais, le parallèle n’est pas forcément évident a priori.

Allez donc lire cette brillante tribune de Sylvain Bourmeau sur Mediapart à propos du succès du paywall mis en place par le NY Times.

Pris dans la spirale de la gratuité, dont les effets sur la qualité de la production éditoriale se sont fait sentir à mesure que le coût pour mille (CPM) des bannières chutait vertigineusement, obligeant les rédactions à effectifs au mieux constants à produire toujours plus de pages pour maintenir les revenus publicitaires, les journaux les plus lucides ont commencé à chercher le passage vers le payant comme d’autres avaient espéré un passage du Nord-Ouest.

(Lisez la suite sur Mediapart, c’est particulièrement éclairant)

La sordide « affaire Nabilla », qui a occupé la quasi-intégralité de l’espace médiatique de l’internet il y a 20 jours (Morandini annonce 40% d’augmentation de son audience et plus d’1 million de visites (!) sur la news consacrée à cette histoire), est symptomatique de l’absurdité de la course à l’échalote l’audience-à-tout-prix guidée par le « buzz ». Continuer la lecture de « Nabilla et les nouveaux modèles économiques des magazines web »

Dream Team

On ne peut pas dire qu’en neuf ans d’existence, les gens passés par madmoiZelle aient été spécialement des buses, au contraire, y’a toujours eu du talent à revendre. Mais l’équipe actuelle est un peu la dream team de mad.

J’ai connu des chefs qui avaient tendance à recruter des employés qui ne devaient surtout pas leur faire de l’ombre, qu’ils dominaient de la tête et des épaules, histoire de rester le seul maître à bord.

À l’inverse, j’ai toujours considéré que tant qu’à monter son entreprise et embaucher de gens, autant s’entourer de personnes vives, passionnées, passionnantes, avec du caractère.

Autant de plumes qui ont certes, vu leur jeune âge, des trucs à apprendre mais qui ont toujours du potentiel, des têtes bien faites de qui je pourrais apprendre en retour, et qui SURTOUT, surtout ont l’envie de faire avancer le projet madmoiZelle dans le bon sens. Continuer la lecture de « Dream Team »

Vacances déconnectées, le bilan

Avec cette folle rentrée, je n’ai pas pris le temps de revenir sur mes vacances déconnectées. Voici le bilan de cette expérience un peu nouvelle pour moi :

  • Je n’ai finalement pas pris le vieux téléphone nul, pour plusieurs raisons (je l’ai testé un week-end, écrire le moindre SMS était horrible, sans compter que je n’avais plus aucun contact téléphonique sur moi en cas d’urgence).
  • J’ai donc pris mon iPhone, dont j’ai coupé les données cellulaires. Ça m’a permis à 2-3 reprises de remettre la 3G, pour envoyer des mails urgents, d’aller sur Google Maps ou de chercher un numéro de téléphone sur l’internet. Y’a pas à dire, c’est pratique l’internet, vous avez entendu parler de ce truc ? Ça va cartonner.
  • Continuer la lecture de « Vacances déconnectées, le bilan »

La vérité sort de la bouche des lectrices ?

En pleine préparation du prochain lancement de la régie « en propre » de madmoiZelle, on se casse la tête à préparer des présentations marketing pour présenter le bins.

Alors que bon… il suffit peut-être tout simplement de laisser la parole aux lectrices. La preuve avec cette lettre reçue avec nos demandes de stickers.

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L'impact d'Adblock sur l'économie de madmoiZelle

Vu la croissance d’AdBlock ces derniers mois, je me dis qu’il n’y a aucune raison pour qu’on n’y arrive pas sur madmoiZelle à plus ou moins long terme. Ajoutez à cela l’indépendance commerciale que nous allons acquérir en fin d’année (et les risques qu’elle comporte pour cette entreprise), je me suis dit qu’il était temps que je me fende d’un post pour vous expliquer les conséquences d’AdBlock sur l’économie de madmoiZelle !

— À lire sur : Adblock : si vous aimez madmoiZelle, désactivez-le !

Le web du clic VS le web de l'attention

Quel problème pose ce que vous appelez « le Web du clic » ? Le défi est double : vendre des affichages de publicité sur des pages, comme le font aujourd’hui les médias, ne monétise pas du contenu mais des clics sur des liens qui mènent à du contenu. Une fois que j’ai cliqué, la monétisation a lieu, peu importe que j’aie lu le contenu ou que je l’aie aimé. Cela pose un problème pour le bon contenu : pour vendre beaucoup d’impressions publicitaires, je ne veux pas que les gens lisent le contenu mais qu’ils cliquent dessus. Pour les annonceurs, cela veut dire qu’ils ne payent pas pour gagner l’attention des gens mais pour de simples clics.

Quel est le second défi ? Avec le Web du clic, l’inventaire est infini. Augmenter son inventaire ne coûte rien : je prends un article, je le découpe en trois pages différentes, cela triple le nombre de clics possibles, donc mon inventaire. Dans ce contexte, les prix des publicités tendent vers zéro. C’est pour cela que les éditeurs de presse de qualité ont des difficultés à vivre. Il faut passer du web du clic au web de l’attention, nous avons besoin autre d’un système de mesure.

— Tony Haile, PDG de Chartbeat, dans une passionnante interview sur LeMonde.fr

C’est ce qu’on essaie de faire sur madmoiZelle depuis le jour 1 : avoir des lectrices et non pas des cliqueuses (c’est même dans l’argu de notre page « Annoncez sur madmoiZelle »).  Ravi de voir qu’il y a des pros de l’internet qui commencent à se soucier des velléités de lecture — et donc d’implication — des internautes. Si l’intégralité du marché pub basculait du « web du clic » au « web de l’attention », nul doute que ça changerait radicalement la façon de faire des éditeurs et donc le visage du web d’aujourd’hui. Et à mon humble avis, pour un Internet un peu meilleur.