Le web du clic VS le web de l'attention

Quel problème pose ce que vous appelez « le Web du clic » ? Le défi est double : vendre des affichages de publicité sur des pages, comme le font aujourd’hui les médias, ne monétise pas du contenu mais des clics sur des liens qui mènent à du contenu. Une fois que j’ai cliqué, la monétisation a lieu, peu importe que j’aie lu le contenu ou que je l’aie aimé. Cela pose un problème pour le bon contenu : pour vendre beaucoup d’impressions publicitaires, je ne veux pas que les gens lisent le contenu mais qu’ils cliquent dessus. Pour les annonceurs, cela veut dire qu’ils ne payent pas pour gagner l’attention des gens mais pour de simples clics.

Quel est le second défi ? Avec le Web du clic, l’inventaire est infini. Augmenter son inventaire ne coûte rien : je prends un article, je le découpe en trois pages différentes, cela triple le nombre de clics possibles, donc mon inventaire. Dans ce contexte, les prix des publicités tendent vers zéro. C’est pour cela que les éditeurs de presse de qualité ont des difficultés à vivre. Il faut passer du web du clic au web de l’attention, nous avons besoin autre d’un système de mesure.

— Tony Haile, PDG de Chartbeat, dans une passionnante interview sur LeMonde.fr

C’est ce qu’on essaie de faire sur madmoiZelle depuis le jour 1 : avoir des lectrices et non pas des cliqueuses (c’est même dans l’argu de notre page « Annoncez sur madmoiZelle »).  Ravi de voir qu’il y a des pros de l’internet qui commencent à se soucier des velléités de lecture — et donc d’implication — des internautes. Si l’intégralité du marché pub basculait du « web du clic » au « web de l’attention », nul doute que ça changerait radicalement la façon de faire des éditeurs et donc le visage du web d’aujourd’hui. Et à mon humble avis, pour un Internet un peu meilleur.

2014, l'année ou jamais

Sans aucun doute une année charnière pour madmoiZelle, après une année 2013 encourageante — 23 millions de visiteurs uniques, ça finit par faire beaucoup.

Va y avoir du boulot, mais heureusement, j’ai plus que jamais à mes côtés une équipe qui tchue — allez regarder notre traditionnelle vidéo de fin d’année sur mad, y’a du talent à revendre.

Et meilleurs voeux à toutes et à tous !

(merci à la géniale Diane Sagnier pour la super photo, elle a du mérite)

Les commandements du marketing éditorial

Allez donc lire cet article fort bien fichu qui explique que le marketing éditorial n’est pas (forcément) un mal, selon la façon dont on s’y prend.

Je suis on ne peut plus d’accord, et les quelques expériences bien gaulées qu’on a pu tester permettent d’avoir le beurre (un contenu intéressant sur un produit qui intéresse la rédaction — et dont on aurait parlé de toute façon) et l’argent du beurre (celui qui permet en plus de payer la rédaction).

Sur madmoiZelle.com, on a par exemple réalisé un dossier sur Adopte Un Mec ou encore un spécial Enterrements de vie de jeune fille avec Leetchi.

Dans les deux cas, une fois qu’on s’était mis d’accord sur les thèmes qu’on allait aborder et SURTOUT les annonceurs ont joué le jeu et nous ont foutu une paix royale — sans quoi l’opé n’aurait de toute façon pas vu le jour.

Ils nous ont laissé écrire exactement ce qu’on souhaitait et on a bien sûr précisé que ces opés étaient réalisées dans le cadre d’un partenariat commercial. Cette honnêteté vis-à-vis du lecteur — de la lectrice nous concernant — est selon moi la base de tout contrat de lecture qui se respecte.

Piratage d'interviews promo

Regardez bien à quel point cette conversation est un grand bol d’air pour Mila Kunis. Enfin dans cette journée, elle croise quelqu’un avec qui elle peut avoir une conversation normale entre gens normaux dans une journée marathon-junket, où elle enchaîne des interviews toute la journée dans la même petite pièce pour répondre 152 fois aux mêmes questions.

L’attachée de presse intervient d’ailleurs pour recadrer la conversation et l’actrice réagit de façon totalement anti-professionnelle mais tellement sincère. (Ce mec s’appelle Chris Stark, du show de Scott Mills sur Radio 1)