La technologie de la pub tue l'expérience online

When it comes to the economics of online publishing, the first thing to remember is that job No 1 isn’t to get the news to you. Rather, it is to monetise you, by selling you off, in real time, to the highest bidder. This happens every time you click on a link, before the page has even started to load on your phone. Once upon a time, if you and I both visited the same web page at the same time using the same web browser, we would end up seeing the same thing. Today, however, an almost unthinkably enormous ecosystem of scripts and cookies and auctions and often astonishingly personal information is used to show you a set of brand messages and sales pitches which are tailored almost uniquely to you.

Le modèle de la pub online en est toujours à ses balbutiements en terme d’expérience utilisateur… d’où l’explosion des adblockers (j’ai écrit ça sur le sujet sur madmoiZelle : si vous aimez madmoiZelle, désactivez Adblock).

— Ad tech is killing the online experience @ The Guardian

Nabilla et les nouveaux modèles économiques des magazines web

Oui, je sais, le parallèle n’est pas forcément évident a priori.

Allez donc lire cette brillante tribune de Sylvain Bourmeau sur Mediapart à propos du succès du paywall mis en place par le NY Times.

Pris dans la spirale de la gratuité, dont les effets sur la qualité de la production éditoriale se sont fait sentir à mesure que le coût pour mille (CPM) des bannières chutait vertigineusement, obligeant les rédactions à effectifs au mieux constants à produire toujours plus de pages pour maintenir les revenus publicitaires, les journaux les plus lucides ont commencé à chercher le passage vers le payant comme d’autres avaient espéré un passage du Nord-Ouest.

(Lisez la suite sur Mediapart, c’est particulièrement éclairant)

La sordide « affaire Nabilla », qui a occupé la quasi-intégralité de l’espace médiatique de l’internet il y a 20 jours (Morandini annonce 40% d’augmentation de son audience et plus d’1 million de visites (!) sur la news consacrée à cette histoire), est symptomatique de l’absurdité de la course à l’échalote l’audience-à-tout-prix guidée par le « buzz ». Continuer la lecture de « Nabilla et les nouveaux modèles économiques des magazines web »

Le web du clic VS le web de l'attention

Quel problème pose ce que vous appelez « le Web du clic » ? Le défi est double : vendre des affichages de publicité sur des pages, comme le font aujourd’hui les médias, ne monétise pas du contenu mais des clics sur des liens qui mènent à du contenu. Une fois que j’ai cliqué, la monétisation a lieu, peu importe que j’aie lu le contenu ou que je l’aie aimé. Cela pose un problème pour le bon contenu : pour vendre beaucoup d’impressions publicitaires, je ne veux pas que les gens lisent le contenu mais qu’ils cliquent dessus. Pour les annonceurs, cela veut dire qu’ils ne payent pas pour gagner l’attention des gens mais pour de simples clics.

Quel est le second défi ? Avec le Web du clic, l’inventaire est infini. Augmenter son inventaire ne coûte rien : je prends un article, je le découpe en trois pages différentes, cela triple le nombre de clics possibles, donc mon inventaire. Dans ce contexte, les prix des publicités tendent vers zéro. C’est pour cela que les éditeurs de presse de qualité ont des difficultés à vivre. Il faut passer du web du clic au web de l’attention, nous avons besoin autre d’un système de mesure.

— Tony Haile, PDG de Chartbeat, dans une passionnante interview sur LeMonde.fr

C’est ce qu’on essaie de faire sur madmoiZelle depuis le jour 1 : avoir des lectrices et non pas des cliqueuses (c’est même dans l’argu de notre page « Annoncez sur madmoiZelle »).  Ravi de voir qu’il y a des pros de l’internet qui commencent à se soucier des velléités de lecture — et donc d’implication — des internautes. Si l’intégralité du marché pub basculait du « web du clic » au « web de l’attention », nul doute que ça changerait radicalement la façon de faire des éditeurs et donc le visage du web d’aujourd’hui. Et à mon humble avis, pour un Internet un peu meilleur.

Vice, une étrange odyssée

Le tour de force de Vice a été de comprendre qu’avec l’émergence de la sphère internet et d’une culture mondialisée, il était non seulement possible, mais aussi plus pertinent de cibler un public très précis plutôt que de tenter de viser le panel de lecteurs le plus large possible. Comme l’explique Christina Spurgeon dans Advertising and new media : « L’intérêt des annonceurs nationaux s’est porté sur la capacité des nouveaux médias de niche à favoriser communication ciblée et personnalisation, plutôt que la compétence des médias modernes à rassembler le public. L’intérêt des annonceurs pour les médias de masse commença à se dissiper, et les budgets commencèrent à se réaligner sur un intérêt renouvelé pour toute une gamme de méthodes de marketing et de communication autres que la publicité. Les annonceurs nationaux ainsi que les marques multinationales commencèrent à éviter la dépense directe dans la publicité à travers les médias de masse, pour investir dans les médias de niche et le branded content. »

« Vice, une étrange odyssée » sur Ragemag

Tapping the Wire

We’ve treated television as if it’s not a mass medium and we have been rewarded in kind. (rires) […]
We’re not a hit… but we’re very proud of the story we told and it’s the only one we wanted to tell.

— David Simon, créateur de la série The Wire (Sur Écoute), à propos du succès d’audience tout relatif de la série lorsqu’elle passait à la télé. À voir dans ce documentaire de 25 minutes sur le meilleur tv show de tous les temps.

So Foot et la concurrence

Justement, ce ne serait pas mieux, un petit peu plus de concurrence ?
Si, tout à fait. Le sens de la « grande société capitaliste », c’est d’avoir des concurrents. La concurrence ne nous dérangerait pas, elle nous stimulerait, elle nous donnerait envie d’être plus original, plus ambitieux. Souvent, dans des villes, il y a pleins de boulangeries dans le même quartier. Et c’est souvent dans ce quartier qu’on trouve le meilleur pain. On peut donc penser qu’avec plusieurs journaux similaires, le niveau serait plus élevé.

— Stéphane Régy, l’un des rédacteurs en chef de  So Foot, sans doute le meilleur magazine papier du monde, dans une interview fort sympathique.