Subconscient défaillant

Il y a quinze jours, je me suis réveillé un dimanche matin en sursaut après avoir rêvé (ou plutôt cauchemardé) que toute la famille prenait des bombes sur le coin de la gueule. Je suis sorti du sommeil pile-poil au moment où je serrais ma famille contre moi en disant « ça va bien se passer », tout en levant la tête et en regardant les bombes nous arriver droit dessus pour finir par nous tuer tous. Réveil et dimanche ronchon, donc.

Cette nuit, pire encore : j’ai rêvé d’une histoire totalement alambiquée. Continuer la lecture de « Subconscient défaillant »

Chère Kimkim

(c’est con, non, de donner à son môme un prénom tellement court qu’il n’a pas de diminutif et donc de lui donner un surnom qui le rallonge ?)

Chère Kimkim,

On est le 1er août 2014. Si tu lis ça dans quelques années, je ne sais pas où on en en sera, mais à l’heure où j’écris ces lignes, on passe peu de temps, toi et moi, ensemble. Du moins, on passe moins de temps ensemble que je n’en passe avec ta grande soeur. Faut dire que Lyna saute sur tous les trucs que je lui propose et toi, un peu moins. Pour t’affirmer en tant qu’individu, sans doute. Difficile de t’en vouloir, parce que je sais que c’est totalement ma faute et que je suis incapable de savoir ce que ça fait d’être le cadet de la famille. Continuer la lecture de « Chère Kimkim »

Pourquoi la religion ?

Ce week-end, on s’est retrouvés à l’église, pour une messe de mariage. C’était aussi pour Lyna et Kim leur toute première messe, ou du moins leur première depuis qu’elles sont capables de dire que 2+2 font 4. J’étais assez curieux de leur réaction : et si elles décidaient toutes les deux de rentrer dans les ordres suite à cette séance ? Ça m’ferait une bien belle guibole, tiens.

Leur ras-le-bol au bout de cinq minutes m’a d’une part rassuré quant à leur éventuelle épiphanie, mais aussi ramené à une interrogation : POURQUOI mes parents m’ont collé à l’époque dans tout le parcours caté-communion ? Qu’est-ce qu’ils ont bien pu se dire ? À quel moment ils ont pu se dire que ce truc allait m’épanouir ?  Et puis quelles sont leurs positions respectives sur le sujet ? Parce qu’autant ma mère vient d’une famille plutôt catho, autant mon père avait un père communiste et ouvrier-dans-le-textile, combo généralement peu enclin à croire à quelque supériorité divine. Continuer la lecture de « Pourquoi la religion ? »

Et si ma fille se réveillait mec un jour…

Je suis le genre de parent à me poser les questions relous (celles dont tu te passerais bien pour ne pas emmerder ta conscience ou tes principes) le plus tôt possible, et surtout à ne jamais les esquiver.

Dans un but précis : en anticiper mon éventuelle réponse, et ne pas réagir connement le jour où je dois affronter la dite question. Par exemple, j’ai très tôt conceptualisé le fait que mes filles (qui étaient alors des bébés) auraient une vie sexuelle, qu’elles suceraient/lécheraient des organes génitaux et vice-versa et tant mieux pour elles. Parce que dans mon esprit, c’est typiquement le genre de trucs que les pères ont du mal à affronter. Donc hop, la baise, ça c’est fait.

Pour autant, il y a des tas de questions qu’il est impossible d’anticiper. Par exemple, je n’avais pas vu venir – si tôt – le coup de « Papa, c’est quoi l’avortement ? ». C’est stupide de ma part, pourquoi ne l’avais-je pas fait plus tôt ? Sans doute pas parce que je m’étais dit « elles sont trop jeunes pour ça ». Erreur de base. Continuer la lecture de « Et si ma fille se réveillait mec un jour… »

Papa c'est quoi l'avortement ?

La parentalité au quotidien, c’est des tas de questions dont on a déjà anticipé les réponses. Mais les meilleures de ces questions, à mon humble avis, sont sans doute celles que vous n’avez pas vues venir, que vous auriez préféré éviter, mais qu’il faut savoir affronter le moment venu. Pas question de laisser les mômes avec un « demande à ta mère ».

Mais avant tout, un peu de contexte : quand je bosse les weekends, Lyna aime bien venir s’asseoir à côté de moi ou sur mes genoux. Elle regarde ce que je fais, pose des questions (« alors là je monte une vidéo, je prends un bout de vidéo, que je colle derrière un autre bout de vidéo »).

Ce samedi-là, une lectrice de madmoiZelle mentionne le Twitter de la Redac « vous avez vu cette vidéo ? ».

Erreur : je clique avec Lyna sur mes genoux. La vidéo se lance toute seule. Le titre est assez peu explicite : une petite fille américaine de 12 ans parle de l’avortement. Je me dis que ça peut être une chouette façon de lui présenter le sujet. Continuer la lecture de « Papa c'est quoi l'avortement ? »

Poussez vos mômes vers le haut

Un jour, vous paierez pour aller le voir.
C’est le genre de phrases que ma mère offrait à mes profs quand ils se plaignaient de mon comportement.
Elle m’a toujours bien fait comprendre que je flottais allègrement au dessus de la masse, que j’étais un génie, que j’allais révolutionner le monde, que tout ce qui sortait de mon cerveau était de l’or pur.
C’était bien fichu, parce que bien dilué dans un tas d’autres trucs, dans un savant mélange de défi et d’admiration. Une espèce d’escaliers sans fin, de cercle vertueux. Des encouragements. Des applaudissements qui ont fini par m’énerver à l’adolescence, tellement je la pensais aveugle d’aimer tout ce que je faisais.

Extrait d’un post intitulé « L’éloge de la prétention » sur feu le blog de Navo, que j’ai lu il y a quelques temps à l’époque où son blog existait encore.

Ce billet m’avait renvoyé au traitement de choix que mes parents nous ont offert : ils nous ont toujours poussé vers le haut, toujours mis sur un piédestal par rapport à nos potes, toujours valorisé. Je veux pas parler pour mon frère et ma soeur, mais de mon point de vue, je sais que si j’ai une telle confiance en moi aujourd’hui, c’est aussi grâce à eux, à ce soutien inexorable.

Une leçon pour tous les parents : chérissez ce que font vos mômes, ne les rabrouez jamais, poussez-les vers le haut, encouragez-les, incitez-les à se donner à fond dans ce qu’ils entreprennent, dites-leur qu’ils sont les meilleurs. Au mieux, s’ils trébuchent, ils se relèveront avec l’idée en tête de devenir meilleurs et au pire, ils passeront pour prétentieux aux yeux du reste du monde, mais ils auront une confiance en eux inébranlable.

La féminité infériorisée

Pendant les grossesses de Cath, et surtout les trois derniers mois où elle est plus « tangible » pour le futur père de base, j’ai ressenti un étrange sentiment : je ne servais à rien du tout.

Non pas dans mon couple, pour elle, mais en tant que mâle, d’un point de vue de la survie de l’humanité. Si elle tombait dans les escaliers, s’il lui arrivait un malheur, notre enfant pourrait ne pas survivre.

Alors que moi, je pouvais me péter la nuque en ratant une marche, notre progéniture verrait tout de même le jour – et notre descendance serait assurée.

J’avais même cette sensation bizarre d’avoir tout pigé à l’oppression de la femme depuis des millénaires : le jour où les mecs se sont rendus compte que les femmes détenaient cet incroyable pouvoir, celui de permettre à l’espèce de survivre, quoi de plus normal qu’ils aient usé de leur force physique pour bien leur rabattre leur caquet ?

Vous imaginez, si elles s’étaient rendues compte à quel point, nous, les mecs, une fois qu’on avait fourni la gamète, on ne servait plus à rien ? Continuer la lecture de « La féminité infériorisée »

Dis Dolto, suis-je un vieux con ?

Parfois, je vois des parents éduquer leurs mômes et j’me dis que je dois VRAIMENT être un vieux con exigeant et autoritariste. Limite une éducation à l’ancienne.

Dernier exemple en date : on était avec Cath et les filles au parc après l’école vendredi dernier. Les fifilles gambadaient, faisaient le poirier dans les cages à poules et on s’était assis avec Cath sur la pelouse. Quand tout à coup, un môme de 5-6 ans prend du sable et de la caillasse par terre et commence à balancer les projectiles sur un de ces potes. Qu’il éborgne un de ses potes, à la limite, c’est le problème de ses parents… mais quand il a commencé à envoyer la sauce suffisamment fort pour qu’on se fasse arroser de cailloux avec Cath, c’était plus vraiment la même limonade. Continuer la lecture de « Dis Dolto, suis-je un vieux con ? »

C'était le 23 avril 2013.

Les filles, quand vous lirez ces lignes dans 5 ou 10 ans, ça vous paraîtra sans doute totalement dingo. Vous verrez les images de ces députés de droite hystériques et ridicules (le coup de la ballerine), de ces opposants au mariage pour tous qui sont totalement CONTRE le fait d’offrir un droit à leurs concitoyens, un droit qui ne leur posera, à eux, personnellement, dans leur petite vie rance, jamais le moindre problème.

Vous verrez ces images et vous vous direz « mais qu’est-ce que c’est que ce pays de fou dans lequel vous m’avez mise au monde ? »… et vous n’aurez pas tort. Continuer la lecture de « C'était le 23 avril 2013. »