Kim, la piscine et le temps qui passe

Les lectrices et lecteurs réguliers le savent : chaque lundi ou presque, j’emmène les fifilles à la piscine après l’école. Lyna y prend son cours de natation pendant que je… je nage — appelons-ça comme ça — avec Kim.

Au départ, elle me grimpait sur le dos pendant que je tentais de faire des longueurs. Seul souci : elle se lâchait pour mieux barboter toute seule, sans brassard. Et donc elle se noyait, inexorablement. Au bout de la troisième fois, je me suis demandé si je n’allais pas la laisser couler. Après tout, elle avait l’air d’avoir envie de se débrouiller. Mais bon, l’éducation à l’autonomie a ses limites.

Alors je l’ai récupérée et j’ai arrêté de vouloir nager tranquille, en m’imaginant qu’elle me suivrait façon poisson pilote. Donc je l’ai poussée à apprendre des trucs, à dépasser ses p’tites limites, qui devaient paraître immenses à ses yeux.

Elle a donc commencé par plonger toute seule, puis sans que je la rattrape de suite une fois sous l’eau, puis elle est allée rejoindre l’échelle toute seule après avoir sauté… puis elle a commencé à relever la tête hors de l’eau entre deux brasses approximatives… jusqu’à lundi dernier, où elle s’est élancée de la ligne d’eau pour rejoindre le bord, toute seule, sans mon aide. Elle galérait un peu sur la fin, mais elle s’en est sortie sans aucun souci. Hop, un crapaud à l’eau, qui sortait son museau pour prendre sa respiration puis replongeait pour mieux nager façon p’tit chien. « Utilise tes bras » que j’lui disais. Succès, « high-five de grande », p’tit câlin, grand sourire, joie. Le vrai panard.

Puis j’ai pris deux secondes. Et j’me suis dit que ça y est, mes mômes savaient nager. Ça c’est fait, elles n’auront pas peur de l’eau. Satisfaction paternelle.

Puis je me suis rendu compte que plus jamais je ne connaîtrais ce sentiment. Alors je lui ai dit « encore une fois ? » et je l’ai regardée avec encore un peu plus d’attention, pour mieux graver ce moment dans ma mémoire.

É-mu-la-tion

Kim, si tu lis ça dans dix piges, tu sauras que tu t’es « décoincée » de la flotte lors de l’été 2012 grâce à une certaine Charlotte. Tu avais une trouille bleue qu’on te laisse seule, avec tes brassards, au milieu de la piscine, t’accrochant frénétiquement à nos pouces. Sympathique boulet. Jusqu’au moment où tu as vu que la petite Charlotte, 2 ans et demi, un « bébé » à tes yeux, s’est mise à l’eau et est allée nager toute seule avec sa bouée au milieu de la piscine. Continuer la lecture de « É-mu-la-tion »

Vis ta vie, ma fille…

Je vous resitue le contexte. Lyna et la flotte, c’est une bataille depuis quasiment le jour 1 de son existence. Elle progresse mais à chaque nouvelle étape de son apprentissage, c’est un drame de plus. Ça fait donc des années que Lyna n’aime pas l’eau, puis l’eau dans les yeux, puis le fait de nager toute seule avec ses brassards, puis le fait de plonger dans l’eau avec ses brassards etc etc. La formation n’est pas complètement terminée, mais elle avance. Continuer la lecture de « Vis ta vie, ma fille… »

La piscine. C’est bien. J’ai mal.

Vladimir Jean-Claude Dus Poutine

Je vous parlais l’autre jour de la blessure du sportif, qui le fait régresser à vitesse grand V, mais il y a pire : l’arrêt complet de toute activité. C’est un peu ce que je vis depuis bientôt cinq ans. Pas le moindre bougeage de fion. Et croyez-moi, il ne faut pas si longtemps pour que les courbatures de « argh trop de sport cette semaine » soient remplacés par « aïe j’suis tout rouillé j’ai les genoux qui grincent ». Continuer la lecture de « La piscine. C’est bien. J’ai mal. »