Une belle paire de connards

Bonjour ici Monsieur Connard, j’ai marié Madame Connasse il y a 6 ans et demi en novembre 2004. On a fait des bébés, deux jolies petites filles blondinettes.

Et comme des connards qu’on est, on s’est — pour la première fois depuis qu’elles sont venues au monde — pris la tête violemment devant elles ce week-end. Avec des noms d’oiseaux, des réflexions ridicules et des mots tous plus hauts les uns que les autres.

Durant cinq bonnes minutes, nous n’étions plus que tous les deux, deux magnifiques connards, avec nos gros egos à la con d’adultes à la con, en train de tenter d’avoir raison sur l’autre. Un combat typique de têtes de cons. On a totalement occultées nos charmantes fifilles. Durant cinq minutes, on a zappé leur présence. Une belle explosion de connerie comme ça nous arrive parfois. Sauf que nos têtes de cons sont habituellement suffisamment froides pour qu’on s’explique hors de leurs chastes oreilles et de leurs beaux yeux bleus.

Mais là, non. Tout est parti d’une connerie, qui a débouché sur d’autres conneries, le tout ayant terminé dans un fantastique feu d’artifice de méga-connerie.

On est revenus sur Terre quand la petite est allée d’elle-même, toute seule, s’asseoir dans un coin derrière le canapé et que la grande l’a suivie quelques secondes plus tard, toute penaude.

Voilà voilà voilà.

Deux beaux connards, je vous dis.

Précisons à leur décharge que non seulement les deux filles n’ont pas demandé à venir au monde, mais si en plus, leurs deux connards de parents se mettent à s’entredéchirer devant elles, c’est ze ultimate pompon.

Comme on est entre adultes parfois atteints de connerie égotique plus que de raison, vous nous direz peut-être pour nous déculpabiliser (et vous excuser par la même occasion) « Mais c’est pas les premières et ça sera pas les dernières à subir ça ! »… Mais oui. Et c’est sûr que si on part de ce principe, c’est la porte ouverte à toutes les f’nêtres, comme dirait un grand philosophe contemporain.

Effectivement, c’est la première fois que ça arrivait. Mais leur silence et leur regard inquiet ont fini par nous mettre une tarte qui devrait résonner un loooong moment dans notre caboche de sacrés connards et je parie ma chemise de connard que c’est sans aucun doute la dernière.

En tout cas, avec ma tendre moitié, on va tout faire pour.

(les filles, si vous lisez cette note depuis le futur dans 10 ou 15 ans et qu’on s’est séparés avec votre mère dans la douleur, la violence et le déchirement comme un divorce de connards, vous avez peut-être sous les yeux le démarrage de notre magnifique carrière de couple de connards… j’espère pas, on va tout faire pour que ça n’arrive pas et j’espère que vous allez bien. Des bisous.)

5 réflexions sur « Une belle paire de connards »

  1. Très bien écrit, je me demandais si tu parlais de quelqu’un d’autre au départ. Mais voilà, les choses de grands, c’est toujours difficile à comprendre pour des enfants, et difficile de lever la tête quand on est dedans.. mais vous le faîtes alors oui, pas si connards que ça.

  2. Pas de panique, les disputes font partie de la vie, et ce n’est pas malsain pour un enfant d’y assister (dans la limite de la violence de celle ci et si ce n’est pas récurent).
    Un enfant sent les tentions, et s’il n’y a jamais d’éclats, il n’apprendra jamais qu’il faut parfois mieux régler les conflits avec une petite dispute passagère que de les fuir.
    Vous n’êtes pas des connards, vous êtes monsieur et madame toutlemonde 🙂

  3. Ce post date mais je découvre ton blog seulement maintenant (je me permets de vous/tu toyer)…j’espère que les connards n’en sont plus et qu’ils filent toujours le parfait amour. Très bien écrit…on est tous des connards un jour ou l’autre, l’important c’est de le constater…Et surtout de se rectifier ! Bonne continuation ! Ingrid

Laisser un commentaire